‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 127 sur 366 · Interrogatoire du 23 octobre i.j23; f · texte numérisé non relu

Interrogatoire du 23 octobre i.j23; f

2. « Dit que le jour nièaie qui estoit vendredi ou samedi pour ce que on ne mangeoit cliair, environ onze heures de nuit, ledict connestable envoya quérir ledict desposant en son logis, qui y alla; et, quand il fut à la chambre dudict connétable, il le mena en une autre chambre, en laquelle vint ledict sieur de Beaurain, tout seul, car Loquingham, secrétaire, et le barbier dudict Beaurain qui estoit demeuré en une autre chambre, vinrent après en ladite chambre où estoit ledict de Beaurain; lequel de Beaurain, quand il entra dedans la chambre, salua ledict connestable qui luy fîct bon recueil et bonne chère et luy dict : « Monsieur de Beaurain, vééz ci mon cousin ^l. de Saint-Vallier, <i qui est un des principaux amis que j'aie »; et, à ceste cause ledict de Beaurain salua ledict déposant et s'embrassèrent tous deux ». (Cinquième interrogatoire de Saint-Vallier, Procès de Jehan de Poyiiers, p. 71.)

3. Cinquième interrogatoire de Saint-Vallier (Id.). « Lesquelles lettres ledict déposant a depuis veu es mains dudict connestable et estoient icelles lettres de la main dudict empereur... »

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Beaurain communiqua ensuite ses instructions, celles de Charles-Quint et celles d'Henri VIII; puis il dressa un traité de mariage et de confédération. Il fut promis à Bourbon qu'il épouserait soit la reine Eléonore, soit l'infante Catherine, avec une dot de 200.000 écus ; et lui, de son côté, jura qu'il s'unissait à l'empereur envers et contre tous, sans excepter personne. Il s'engageait à attaquer François I", mais ne consentait pas à considérer Henri VIII comme roi de France; il offrait d'être son allié sans se reconnaitre son sujet et promettait de s'en remettre sur ce point à la décision de l'empereur. Un soulèvement à l'intérieur devait seconder en même temps l'action entreprise au dehors. Charles-Quint pénétrerait en France par Narbonne, avec 18.000 Espagnols, 10.000 lansquenets, 10.000 hommes d'armes et 4.000 chevaux; en même temps, le roi d'Angleterre descendrait sur les côtes occidentales du royaume avec 15.000 hommes de pied et 1.600 de cavalerie que rejoindraient bientôt 3.000 autres hommes de pied et 3.000 hommes d'armes des Pays-Bas. L'invasion s'exécuterait lorsque François I" aurait quitté Lyon oii il devait se rendre en août pour gagner l'Italie'. Dix

1. « Et ledict de Beaurain, quelques paroles d'amitié qu'il sut bien dire, car il est beau parleur, en eiïet et substance, dit à M. leconnestable que l'empereur avoit été adverty que le roy le traictoit mal, et aussi que le roy n'avoit tenu aucune promesse à l'empereur. Combien que ledict empereur de sa part eust toujours tenu promesse au roy, et que ledict empereur vouloit estre ami dudict connestable envers tous et contre tous, sans nul excepté; et qu'il n'obtiendroit queaudict connestable s'il ne le faisoit un des plus grands hommes de la chrétienté et à l'heure ledict connestable remercia l'empereur et dit qu'il vouloit bien avoir cette fiance envers luy et demanda audict de Beaurain voir ses instructions et puissances. Lequel Beaurain respondit : « Je ne suis tenu vous montrer mes instructions, mais je suis content les vous montrer. » Et luy monstra la puissance que luy avoit donné l'empereur pour traicter le mariage avec ledict connestable de M""' Aliénor, sa sœur, ou en défaut de ceste là, avec M""^^ Catherine, son autre sœur, et accorder les articles dudict mariage tels que seroient advisés ; et vouloit ledict de Beaurain que ledict connestable envoyast en Bourgogne pour accorder les articles dudict mariage, en présence d'un président et d'un trésorier, officiers de l'empereur et de M™" Marguerite. Ce que le connestable ne voulut accorder et aima mieux que lesdicts articles se fissent en sa présence par le secrétaire dudict sieur de Beaurain qui les écrivit; lequel secrétaire il ne sauroit nommer, mais luy sembloit être bon et

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