Mignet, p
2. Lettre missive du grand-sénéchal de Normandie au roi, écrite d'Harfleur, le 10 août (T" 108). — Le grand-sénéchal était Pierre de Brézé, gendre de Saint-Vallier, mari de la l'ameuse Diane.
172 LE CONNÉTAliLE DE BOLRDON
de r(^véler plus nettement le coupable : « Sire, il est besoin aussy de vous garder, car il a esté parole de vous essayer à prendre entre cy et Lyon, et de vous mener en une bonne place forte qui est dedans le pays du Bourbonnois on à l'entrée de l'Auvergne ^ »
François I*"" reçut cette lettre à Saint-Pierre-le- Moustier, le 16 août. Elle avait passé auparavant, le 15, par les mains de sa mère qui se trouvait alors à Cléry entre Baugency et Blois^. « Il y avait donc déjà bien du temps de perdu; l'entrevue de Vendôme remontait à plus d'un mois. Dans une situation si grosse de dangers et de menaces, la moindre hésitation pouvait tout compromettre. Le roi hors de son royaume, ou tout près d'en sortir; la France ouverte à un coup de main, la campagne ravagée par des bandes de mauvais garçons : des villages entiers à feu et à sang'', et, pour réprimer ces excès, des exécutions sanglantes qui, en se multipliant, ne faisaient que mieux voir l'insuffisance de la répression ^ » Louise de Savoie ne perdit pas la tète et se montra aussi adroite, aussi rapidement volontaire que par le passé. Elle envoya immédiatement à Pierre de Brezé l'ordre de lui expédier sous bonne escorte les deux gentilshommes dont il parlait et elle dépêcha des courriers dans toutes les directions pour recueillir des nouvelles. — Le roi ne paraît pas s'être troublé. Voici la lettre ' qu'il écrivit à sa mère pour répondre à ses exhortations à la prudence ; elle est légère et charmante, comme tout ce qui venait de lui : <> J'é réseu, Madame, la lettre qu'yl vous a pieu m'écrypre, et é veu l'avertyssement deu grand cénéchal ; et s'y! est vérytable, il m'a trové bien à propos;
1. F" 101) : «Je vous fais courre deux courriers, de peur qu'il n'en tombe un malade, qui ne savent rien de ce que je vous escrips. »
2. Déposition de Matigon et d'Argouges. — Guiifrey, ouvr. déjà cité,
p. LVI.
3. Journal d'un bouvrjeois de Paris, éd. déjà citée, p. 119. 159.