‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 136 sur 366 · LIVRE IT · texte numérisé non relu

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car je m'an aloys avent dyner à Molyns asés mal accompagayé. Mes piiysque je siiys averty, je croy que je leur feray fayllyr leur entropryse. La fason deu remède que je y é donné est que je susjourne an ce lyeu de Saynt-Pyare-le-Moutyer pour ce jour, dysant que j'é mal ung peu à ma jambe, et ausy que je veus mètre tous mes lansquenés devant moy. Car il fost que vous antandés que le sr de Borbon avet fet détourner tous lesdys lansquenés ors de tous les grans chemyns. Mes toute la nuyt j'é envoyé Pérot d'Oarty qui aura rasamblé ungne bonne bande que j'é fet venir oprès de moy, de sorte qu'a set'eure j'é pleus de moyen de leur l'ère ung movès tour qu'y n'y ont à moy. J'é mandé au sr dObigny qu'y veyne à devant de moy par desà Rouane avcque les catre sans archers. Et pareyllemant ay an toutes dylygance mandé au grant mestre qu'y se rande isy à moy, et autant à Saynt Marsost. Et ay écryt au baylly qu'y ne boujc de Moulyns, et qu'y die que que je vie navent coucher, afyn que ledyt- sr de Borbon ne se doute de ryen. Ce grand mestre aryvé. je regarderé de m'asseurer de veur de quy je le doy fère, an sorte que le royaume ne moy ne serons an danger. — Pour pourvoyr, Madame, à sète méchante antrepryse, me samble que devès mander au grant sénéchal qu'y fase fère montres et desmonstrasyon de gros nombre de jans, et fère publyer que l'on set byen que le roy d'Angleterre veust faire sa dessante anXormandye, mes quy sera byen recully, et s'yl y a poynt de prysonier anglois, le leur dire et an léser aler quelcun. Car puysque leur entrepryse est de remprandre, cant ils se voyront découvers, el sera à moytyé ronipeue. Et, de mon costé, j'é escrit au sr de Reufé s'an venyr devers moy an dylyganse, pour antandre auquel état est la Bourgongne. Pareyllemant j'éescryt à mon ambasadeur quy est an Souyse, et o maréchal de Montmorancy remontrer d'écryre ugne bonne letre à sens de la Conté; car j'é toute à set'eure été averty

deu sr de Joiivèle qu yn y a breuyt de quelque amas de gans seur son conté, quy est ausuyvant lavertysemant ; avant que il [approche^ scuis cloute^ )not oublié ptar le roi) de Lyon, je métré tel ordre de se conté que je espère le garder de me fère mal. An se recommandant très humblement à vostre grase, vostre très humble et très obéysant fyls, F. »

Le connétable, averti de l'arrivée du roi à ÎMoulins, lui avait envoyé par Robert de Grossone une lettre oij il s'excusait de n'avoir pu aller le rejoindre, retenu qu'il était à la chambre par la maladie'. Les deux princes se servaient ainsi de la même ruse à laquelle ils ne croyaient probablement ni l'un ni l'autre. François l" mit le temps qui lui restait à profit comme il l'avait annoncé à sa mère. Il envoya au Bâtard de Savoie l'ordre de revenir sur ses pas avec ses lansquenets et de s'assurer en route de la sécurité des chemins. Et, dès le lendemain, après avoir fait battre les champs par une grosse troupe que commandait le duc de Longueville, il s'avança vers Moulins. Il y arriva le même jour, s'installa au château, en prit les clefs, s'y garda, et fit surveiller la ville par le guet qui fut relevé trois fois dans la nuit. — C'estce même jour encore, toutes ces dispositions une fois prises, qu'il entra dans la chambre du connétable.

Le connétable était dans son lit; il s'excusa de recevoir son roi de la sorte, mais se dit trop malade pour pouvoir agir autrement-. — Voici comment Du Bellay raconte cette mémorable entrevue : « Le roy, arrivé audit Moulins, trouva le duc de Bourbon, contrefaisant le malade; mais le gentil prince qui, tousjours estoit plus enclin à miséricorde qu'à vengeance, espérant réduire ledit de Bourbon et le divertir de son opinion,

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