Déposition de Robert de Grossone, f° 79 v
2. 11 l'était peut-être en réalité. — Voir plus loin dans la lettre du roi l'avis des médecins. Notre avis à nous est qu'il était sans doute indisposé, mais feignait une soutîrance plus grave.
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alla le visiter en sa chambre; auquel lieu, après l'avoir réconforté de sa maladie, qui tonlesfoys estoit simulée, luy déclara les adverlissements qu'il avoit des praticques que faisoit faire ledit empereur par le seigneur du Ru pour l'attirer à son service et le divertir de la bonne atl'ection qu'il estoit asseuré qu'il porloit à la couronne de France; et qu'il pensoit bien qu'il n'avoit escouté lesdits propos pour mauvaise volonté qu'il portast à lay ny au royaume, estant sorty de sa maison^ dont il étoit si proche; mais que désespoir et crainte de perdre son estât luy pouvoient avoir troublé la bonne amitié et affection qu'il avoit toujours poi'té envers son prince et seigneur; et qu'il eust à mettre hors de sa fantaisie telles choses qui le troubloient, l'asseurant qu'au cas oii il perdist son procès ' contre luy et M"" sa mère de luy restituer tous ses biens et qu'il se tint préparé pour l'accompagner en son voyage d'Italie. Ledit seigneur de Bourbon, comme sage et prudent, seut bien dissimuler sa délibération ; bien confessa an roy que ledit Adrien de Crouy, seigneur du Ru, l'avoit recherché de la part de l'empereur, mais que luy ne luy avoit jamais voulu prester l'oreille, et qu'il avoit bien eu en pensée d'en advertir le roy au premier lieu qu'il parleroit à luy : toutesfoy, qu'il ne l'auroit voulu mettre en la bouche d'autruy, asseurant quand et quand le roy que les médecins luy promettoient que dedans peu de jours il pourroit aller en litière et qu'incontinent no fauldroit se trouver à Lion après Sa Majesté"-. Ce néantmoins, le roy fut de plusieurs conseillé de se saisir de sa personne; mais, estant prince humain, ne voulut faire exécuter ladite opinion', veu mesnie que les choses n'estoient bien avérées, et qu'il n'estoit
1. Comme si le roi lui faisait ce procès avec l'espoir de le perdre et pour lui rendre ensuite ses biens! la ruse était, encore une fois, vraiment trop grossière.
•2. Au point où il en était, il n'avait qu'à mentir, et de son mieux.
3. A son point de vue, étant donné qu'il avait pris la résolution de lui intenter le procès, le roi avait absolument tort.
raisonnable de faire injure à un tel prince qu'estoit M. de Bourbon sans premièrement estre les choses bien justifiées'. » Du Bellay oublie de dire que le roi proposa aussi à Bourbon de partager avec lui le commandement de Tarmée-. François P' dans la lettre quil écrit à sa mère à la suite de cette entrevue raconte les faits à peu près de la même façon '. 11 ne devait guère être tranquille sur le comple du connétable, et le fit surveiller de près par Pérot de la Bretonnière, seigneur de Warthy ; Pcrot était chargé de le mettre au courant de tous les faits et gestes du rebelle et ne devait pas le quitter avant qu'il ne se fût mis en route. — Mignet'^ prétend que ce fut un autre gentilhomme, La Boche Beaucourt, et que Warthy vint seulement dans la suite s'enquérir des raisons de son retard, mais Martin du Bellay^ indique bien Warthy. Quoi qu'il en soit, en somme, de ce point peu important, il est évident qu'il