‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 138 sur 366 · Déposition de P. de Warthy, 15 septembre, f° 28 v · texte numérisé non relu

Déposition de P. de Warthy, 15 septembre, f° 28 v

3. Cette lettre du roi prouve, à mon sens, ou que le connétable est un comédien hors de pair ou qu'il était réellement malade; elle révèle en tous cas, elle aussi, la lutte morale indiscutable qui se passait dans sa conscience. «... Pour la payne que Babou m'a fayt antendre an quoy vous estes pour ne savoyr la résolusyon de la veue du connestable (le résultat de ma visite au connétable), je ay byen voulu vous anvoyer de ma mauvayse letre pour vous osier ors d'un tel travayl, qu'il me semble n'estre nésésère au taras f|uy court, et pour vour fayre savoyr la véryté. Yer je aie coucher à Moulyns, où je trouvé M. de Bourbon byen malade: et croyés que ce n'est poynt faynte ; car j'avoys anvoyé dès le jour d'avant maître André pour le voyr, et sy hiy avoys dit à l'oreyle se qu'y faloyt, pour an savoyr la véryté. Mays, à se matin, luy et tous mes médesyns m'ont dyt résoluemant que sy ledyt sr de Bourbon ne pourvoyt à son afayre, et byentout, qu'il ne voudroyt poynt estre duc de Bourbon pour estre en sa plase. Ansy son vysage est très changé. Je luy ay parlé de venir aveques moy se qu'yl a fayt contenanse de désirer merveyleusement, et m'a promj-s sa i'oy que dès l'eure qu'yl poura andurer la lytyère, de se mètre à cliemyn, qu'yl dyt quy sera à son avys dans huyt jours. Je l'euse ammené quant et quant moy, mays tous mes médesyns m'ont dyt que je ne l'eusse seu fayre sans le tuer. Pourquoy, Madame, je m'anvoys à la meyieure diliganse que je puys à Lyon, pour ordonner pour le fayt de la Bourgogne... Et je vous supplye. Madame, très humblement ne vous vouloyr donner poynt de poyne ; que quant M. de Bourbon aroyt la Puysance, sa qu'yl n'a de santé ne de fayt, que je y métrai sy bon ordre qu'yl ne saroyt nuvre, etc.. » (Coll. Dupuy, vol. 24, f° 6, 1.)

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