‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 139 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

«tait trop tard et que le connétable ne pouvait se rétracter. Il n'aurait su, sans sottise, ajouter foi aux promesses royales; retourner à la Cour était se perdre définitivement; et il n'est pas prouvé que François 1" n'ait pas compté sur ce retour pour se saisir plus facilement de lui. — 11 différa de deux semaines son départ pour Lyon où le roi continuait à l'attendre, pensant imprudent de partir avant d'être rejoint. Inquiet à la longue, François l" renvoya vers lui Pérot de Warthy, qui, dans l'intervalle, était retourné près du roi, afin de lui demander la raison de ce retard. Warthy trouva le connétable encore étendu sur son lit. Bourbon le chargea de dire au roi qu'il se sentait un peu mieux, et qu'il s'était même promené quelques moments sur sa mule dans la matinée ; il voulait aller le lendemain s'accoutumer à l'air dans son parc de Moulins et espérait tenir sa promesse d'ici trois ou quatre jours. Et, comme François I" exprimait par son envoyé l'ardent désir de se trouver déjà « pour 100.000 escus' » en Italie, le connétable fît dire à son maître qu'il lui conseillait de réaliser ce désir en partant au plus vite, car « sur toutes choses, il avait besoin •de diligence- ».

Cette fois-ci le connétable avait-il joué la comédie en «e disant soufïrant? Warthy, quand il était arrivé à Moulins, avait pris domicile dans une auberge du faubourg, à l'enseigne du Barbeau, et, lorsqu'il s'était présenté au château, il avait attendu quatre ou cinq heures avant d'être introduit dans (( une garde-robbe' » où le connétable était couché dans son lit. — Il regagna Lyon au point du jour, alla au lever du roi, et, quand le rideau fut tiré, lui raconta son voyage. Le roi résolut d'attendre encore. Cependant, au bout de cinq jours, il

1. Déposition de R. de Grossone, f° 80. r°. — Bonnivet était déjà eu Italie.

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