‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 140 sur 366 · Déposition de Wartliy, f" 29 v · texte numérisé non relu

Déposition de Wartliy, f" 29 v

se demanda si cette fois il n'était pas définitivement trompé et renvoya Warthy. Celui rencontra Bourbon en route, à une lieu de Varennes,à Saint-Ceraud de Vaux. Encore une fois le connétable rejeta la cause de son retard sur sa santé'. Warthy avait reçu l'ordre de ne pas le quitter jusqu'à Lyon. Ils arrivèrent ensemble à La Palice. « J'irai delà, dit le connétable, à Lallière, de là à Changy, de Changy à Roanne et de trois lieues en trois lieues, j'arriverai enfin à Lyon-. — Warthy crut pouvoir se tenir tranquille, et bien à tort. Dans la nuit du jeudi au vendredi le mal du connétable s'aggrava avec une extraordinaire rapidité, ce qui empêcha que l'on partit de La Palice. Toute la nuit, les gens de Bourbon avaient été sur pied, allant et venant, fort affairés. Il fut expliqué à Warthy que le connétable éprouvait de terribles douleurs dans la tête et dans les reins et que ses médecins avaient trouvé son urine très chargée, plus mauvaise qu'ils ne Lavaient jamais vue. a Et son pouls? demanda Warthy. — Nous n'oserions le tàter, pour ne pas l'effrayer, il se croirait déjà mort". » — Bourbon le fit appeler après avoir entendu la messe et dîné; il lui manifesta l'espoir de pouvoir partir malgré tout le lendemain.

Le lendemain, ce fut bien pis. Toute la nuit, un bruit continuel de gens inquiets parlant bas intrigua l'envoyé roval. Warthy, sortant le matin pour aller à la messe^ rencontra les médecins qui déclarèrent cette nuit-ci bien plus mauvaise que la précédente. L'urine était encore plus révélatrice. — Comme la veille, Bourbon iit venir W^arthy auprès de son lit et lui dit : « Je suis le plus malheureux des hommes ; les médecins m'assurent

1. «Led. connestable feist response qu'il ne avoit tardé à partir que ung jour, et qu'il s'en venoit en sa litière, faisant petites journées et telles que sa santé le povoit porter, c'est assavoir que le lendemain il deslogeroit dudit Saint-Géraud et viendroit loger h un prieuré qui est à my-voye dud. Saint-Géraud et de là à La Palice» (f" 22 v°).

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