C'est son fils qui fut le fameux chancelier
2. Le Féron, Bàle, 1601. — Avant de marcher contre Valenciennes, Bourbon avait conduit Pompérant auprès du roi : « Sire, lui dit-il, ce gentilhomme, sentant que vous aviez besoin du secours des braves, n'a pas voulu rester inutile ; il demande, et je demande pour lui, que vous lui pardonniez tout ce qu'il a pu faire pour mériter votre ressentiment. — Eh bien ! connétable, je vous le donne, répondit le roi. »
3. Voilà une de ces expressions typiques qui révèlent l'àme admirable de cette époque.
tentement du roy et par ainsin sauva sa vie, qu'il •employa depuis (luy nullement ingrat) au service de son bienfaiteur'. »
Pompérant, Jean de rnospital,Goudini6res et Guinot ■et Bartholomé s'étaient cachés dans la chambre môme occupée par le connétable. Quand tonte la suite se fût éloignée, à l'aube, ils partirent, conduits pendant quatre ou cinq lieues par Henri Arnauld, Ils étaient à cheval; les deux valets de chambre avaient chacun un aubergeon rempli d'or et mettaient alternativement toutes les heures sur la croupe de leur -courtauds nne petite malle assez lourde qui contenait les bijoux et les pierreries de leur maître. Bourbon était vêtue d'une courte robe de laine noire, d'une saye de frise grise, d'un pourpoint de satin violet, d'un chapeau noir et d'une toque rouge garnie •de fers à boutons. L'Hospital avait, quant à lui, changé sa toque contre une autre plus commune de drap noir
1. Brantôme, éd. Lalanne, t. T, p. 300. — Après la mort tie Bourbon, François l" lui pardonna, trouvant tout naturel qu'il ait suivi l'hoainie auquel il devait la vie. Plus loin, nous le verrons d'ailleurs à Pavie sauver François I". Il mourut en 1528, du chagrin de la prise d'Aversa, dont il était un des défenseurs : « On raconte, dit Paul Jove, que Pompérant, ayant les yeux fichez vers le ciel, tout éperdu sur le pensement de si grande calamité, et abattu de très aspres douleurs, incontinent, cheut par terre, luy demeurans les yeux encores tous ouvers et tendus; mais que pour secours que l'on luy fist, estant ainsy pasmé, jamais on ne luy pust rendre la vie emportée par ceste soudaine dcffaillancc. » (Tradtiction de Denis Sauvage, 1581, 1. XXVI, p. G4.) — Voici le rondeau (XI V" et non Xlli", comme indique M. Lalnnne dans son édition de Brantôme) que lit Clément iMarot sur la mort de Chissay :
« D'un coup d'estoc, Chissay, noble homme et fort, L'an dix et sept soubz malheureux effort, • Tomba occis au moys qu'on sème l'orge,
Par Pompéraii, qui "de Bouchât et Lorge Fut fort blessé, quoyqu'il résistast fort. Chissay, beau, jeune, en crédit, et support Feit son devoir'au combat et à mort Mais par hazard fut frappé en la gorge
D'un coup d'estoc.
Dont un chascun de dueil ses lèvres mord. Disant : « Hélas ! l'honneste homme est-il mort ? Pleust à Dieu et monseigneur Sainct George Que tout baston eust été en la forge Alors qu'il fut ainsi navré à mort
D'un coup d'estoc. »
(Ed. avec notes de B. Saint-Marc. — Garnier, p. 3G9.)