‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 152 sur 366 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

appartenant à Arnaiild qui la remarqua en s'étonnant : « RassLirez-voiis, dit le médecin, j'ai laissé la mienne à la place. » — Chacun avait reçu Tordre de ne pas révéler le rang du connétable par les marques de respect habituelles, de peur qu'il ne fût reconnu.

Ils passèrent à La Tour, puis s'avancèrent de deux lieues jusqu'à Saint-Donnat, non loin du Mont-Dore. Là, ils se mirent à table, sans distinction de rang ; Pompérant tenait le haut bout comme s'il était le vrai Seigneur ^ Ils couchèrent à Coudat-en-Ferriers, et Arnauld demanda la permission de retourner sur ses pas ; mais le connétable le retint. Ils repartirent une heure avant le jour et dînèrent à Ferrières, sur la rivière d'Âlagnon, entre Allanche et Messiat ; ils couchèrent à cinq lieu de là, à Ruines, au midi de Saint-Flour. En plus d'Arnauld, un cordonnier d'Herment pris pour les conduire, Guillaume Bohat, paraissait fort ignorant de la route ; on s'était d'ailleurs servi de lui surtout pour dépister ceux qui recherchaient le connétable, car on lui avait ordonné de conduire tout le monde à Cariât. Arnauld et ce cordonnier avouèrent bientôt alors qu'ils <( ne savoient plus chemin ni voie"^ ». A deux lieues de Saint-Flour, la petite troupe rencontra une compagnie de 7 à 800 hommes de pied gascons qui se dirigeait de Lyon sur Bayonne pour rejoindre sans doute Lautrec. Le connétable les croisa, évita de se cacher et ne fut pas reconnu. Pompérant le conduisit aussitôt à deux lieues de là, dans une maison qu'il possédait, appelée La Garde. Bourbon y demeura quatre jours pleins, du vendredi 9 septembre au mardi 13, sans révéler son incognito, s'asseyant pendant les repas au-dessus de Pompérant qui tenait toujours le haut bout de la table. Le 13,

1. Déposition (rtlenri Arnauld, f" 1)2 à 98. — Nous citerons plus loin le récit de du Bellay. Il nous a semblé que la vérité sur cette fuite devait se trouver surtout dans le procès.

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