‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 182 sur 366 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

de cheval par « un sien maistre d'hôtel, lequel jamais ne l'abandonna ' » et se fit coucher au pied dun arbre « le visage devers l'ennemy - ». Et c'est ici que se place l'entrevue célèbre oiî Bavard mourant reprocha dans les termes connus à son ancien compagnon d'armes de servir contre sa patrie.

Le récit de Du Bellay a prévalu; il est le plus beau, le plus net et le plus moral ; chose singulière et qui tendrait à faire croire qu'il est inventé, les deux historiens de Bayard, Symphorien Ghampier et le Loyal Serviteur, ne mentionnent pas les paroles que Martin du Bellay met dans la bouche de Bayard ; Ghampier en indique de différentes ; chose phis singulière encore, le Loyal Serviteur ne dit pas que Bourbon vit Bayard mourant. Qui croire? Voici ces trois témoignages, les principaux à notre avis -^ rapportés tels quels : « Le duc de Bourbon, dit Martin du Bellay, lequel estoit à la poursuite de nostre camp, le vint trouver, et dit audit Bayart qu'il avoit grand pitié de luy, le voyant en cest estât, pour avoir esté si vertueux chevalier. Le capitaine Bayart lui feit response : « Monsieur, il n'y a point de pitié en moy, car « je meurs en homme de bien ; mais j'ay pitié de vous, « de vous veoir servir contre vostre prince et vostre « patrie et votre serment. » Et peu après, ledit Bayart rendit l'esprit; et fut baillé sauf conduit à son maistre d'hostel pour porter son corps en Dauphiné dont il estoit natifs ». — « Mais comme Dieu le voulut permettre, dit le Loyal Serviteur, fut tiré ung coup de hacquebouse dont la pierre le vint frapper au travers des rains et luy rompit tout le gros os de l'eschine. Quand il sentit le coup, se print à crier : « Jésus » ! et puis dist : « Hélas ! mon Dieu, je suis mort ! » si

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