‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 188 sur 366 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

compte de l'énorme distance hiérarchique qui existait entre un simple chevalier et le premier prince du sang qui avait été le chef suprême de Tarmée, ne peut avoir, selon toute vraisemhlance, prononcé de telles paroles. Un contemporain bien renseigné, Paul Jove, n"en dit pas un mot; il prétend seulement que Bayard préféra se rendre à Pescara plutôt qu'à Lannoy et à Bourbon 1... » M. de Terrebasse, dans son Histoire de Bayart- mêle tous les récits, se sert des uns et des autres, sans critique. On ne comprend pas pourquoi M. Paulin Paris l'invoque-'. Si M. de Terrebasse s'en était tenu au texte de du Bivail il aurait simplement mis que Bayard ne voulut pas avoir un entretien avec le connétable '\ De son côté, Etienne Pasquier avait déjà répété du Bellay en arrangeant le discours à sa manière "'. — Encore une fois, le doute seul est vrai.

Le comte de Saint-Pol dirigea la retraite qui, dès lors, ne fut guère inquiétée. Les Suisses s'en allèrent par le val d'Aoste, les Français par Suse et Briançon ;

\. La Mure, éd. déjà citée, notes, t. II, p. 629.

2. Histoii-e de Pieire Terrail, seigneur de Bayart, par Al. de Terrebasse, Ladvocat, 1828.

'i. P. m. « ... Une histoire de Bayard, la seule qu'on doive aujourd'hui consulter ».

4. « Et Carolus Borbonius ipsum in infirmitate vidit, sed cum eo Bayardus magnum coUoquim liabere noluit. »

"). «Le connestable passant par là. cuydant le consoler: « Capitaine Bayard, j'ai o;rande pitié de vous voir réduit en ce piteux estât, après tant de braves exploits d'armes par vous mis à (in. » A quoy ce preux chevalier, reprenant ses esprits, lui repartit d'une forte haleine : « Ce n'est pas de nioy que devez avoir pitié, mais de vous. Car, grâce à Dieu, je meurs pour le service du Roy mon maistre, au lict d honneur pour acquérir une vie immortelle en la bouche des gens de bien. Et vous, prince, faisant le contraire, menez une vie honteuse dont les ans, à mon grand regret, ne pourront assortir la mémoire.»

les places qu'ils possédaient encore en Italie se rendirent. Bussy d'Amboise et Frederico da Bozzolo capitulèrent dans Alexandrie et Lodi où ils ne pouvaient plus être secourus ; le château de Crémone, qui avait résisté plus de deux ans, dut ouvrir ses portes. Les garnisons se retiraient toutes avec les honneurs de la guerre'. — Le Milanais était encore perdu ^.

Charles-Quint, qui venait de trouver dans la réussite de cette dernière entreprise de quoi etl'acer ses échecs de Tannée précédente, reprit courage et revint à ses projets. Sa lenteur souvent n'était, en somme, que de la réflexion opiniâtre grâce à laquelle il arrivait à ses fins. 11 recommença de s'entendre avec Henri VIII pour envahir le royaume de France dont il revendiqua même hautement la possession. Les deux souverains rejetèrent toute proposition de paix ou de trêve avec

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