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cependant, soit par maladresse, soit pour loot autre motif, se jetèrent à la côte et furent abandonnées par leur équipage qui s'enfuit dans la montagne. Elles allaient être prises à la vue de l'armée sans Bourbon qui montra là encore cette promptitude réfléchie dans l'audace qui avait sauvée l'armée française à Agnadel et à Pavie. « Par une résolution soudaine et avec une rare intrépidité, il s'y précipita au risque d'être tué ou pris. Suivi de quelques arquebusiers espagnols, il monta dans la plus exposée des trois galères et dit à Pescara et à Beaurain d'en faire autant pour les deux autres. « Sauvons, cria-t-il fort haut, l'honneur du camp et de l'empereur ! » Tous les trois s'y jetèrent et y combattirent vaillamment. Pendant le reste de la journée, ils essuyèrent le feu de la flotte française que les arquebusiers espagnols tinrent à distance et qui n'eut pas la hardiesse d'aborder les trois galères, ni l'habileté de les couler à fond ^ ». Bourbon raconte modestement les faits dans sa lettre du 10 juillet à l'empereur'-: « ... Nos dits annemis ont contraynt trois de vos galères d'eulx séparer des aultres et vyndrent geter en terre vers nous et ne peurent tant fayre nos dis annemis que, maugré eulx n'ayons sauvé tout ce qui estoit dans lesdites galères, combyen qu'ilz nous saluassent à coups de canons ». Baurain. dans sa lettre du même jour \ fait ainsi l'éloge de son compagnon d'armes : « En espccial, avant hyer comme vos^ galères vinrent pour mettre en terre votre artillerie, voyant venir Tarmée des François, se retirèrent vers Moneghe^, réservé trois d'icelles dont l'une est de Castelle'' et les deux autres de Gennes, lesquelles meschamment vindrent donner en terre ; et, non contens de nous avoir fait ceste honte tous les gens s'en fouyrent