‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 197 sur 366 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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son sortie de Lodi et un certain nombre d'enseignes de gens de pied y étaient entrés sous le commandement de Renzo da Ceri ; François I" y avait de plus dépêché Chabot de Brion. La troupe comprenait 4.0U0 soldats d'infanterie et de cavalerie; on y joignit 8.000 habitants organisés en milice. La ville, ainsi pourvue d'une armée sérieuse, de vivres et de munitions, dirigée par Kenzo da Ceri, très brave, connaissant son métier et versé dans l'art de défendre les places fortes, pouvait résister longtemps avec succès. Renzo da Ceri avait encore augmenté la résistance des fortifications en faisant terrasser la plupart des portes et en élevant en arrière de celles qui restaient ouvertes des ouvrages défensifs. c A la porte de la Calade aboutissant à la pointe orientale du port, et à la Porte Royale, placée un peu au-dessus et faisant face à l'est, il éleva des bastions entourés de tranchées, garnis de canons et d'arquebuses à crocs qui balayaient le terrain, de manière à interdire de ce côté l'approche delà place. Tout le monde concourut avec zèle et par quartier à creuser les fossés, à former les boulevards, à exécuter les travaux qui devaient affermir la sûreté commune. Outre les pièces d'artillerie placées sur les remparts, de gros canons en bronze, disposés sur un monticule intérieur que couronnaient des moulins, hissés sur le clocher de la Major, sur la grande tour construite au sommet du coteau que couvrait Marseille, sur la grande horloge près des Accoules, d'où l'on dominait tous les alentours, battaient principalement la plaine qui s'étendait vers le nord. L'un de ces canons, nommé le Basilic était monstrueux. Il jetait des boulets du poids de 100 livres et il fallait 60 hommes pour le remettre en place quand il avait tiré. Ayant la mer ouverte et le port libre, pouvant recevoir ainsi des vivres et des secours, pro-

vunt Connestable de France en l'an 1324, avec le discours véritable, etc.. (Mss. de la Bibliothèque d'Aix). — Mignet, p. 500.

tégés par la flotte française qui, supérieure à la Hotte espagnole, stationnait à l'ile de Pomègue et devait ajouter ses feux aux feux de la place pour inquiéter l'ennemi, les Marseillais qu'encourageaient ces puissants préparatifs et qu'animaient les plus patriotiques sentiments, attendirent sans crainte l'attaque de l'armée impériale ^. »

Bourbon avait occupé les hauteurs qui entourent la ville de l'est à l'ouest en plaçant les lansquenets non loin de la mer, les Espagnols vers la plaine Saint- Michel et le chemin d'Aubagne, les Italiens entre les deux. Le point d'attaque fut fixé au nord, depuis le couvent franciscain de l'Observance jusqu'à la porte d'Aix, sur un espace d'environ mille pas qui paraissait moins fort et comprenait la tour de Sainte-Paule, flanquant les remparts au dehors, la vieille église de Saint-Gannat et son évéché y attenant à l'intérieur. Couverts par des gabions logés dans les tranchées, les soldats tirent, la nuit, les travaux de cheminement; les assiégeants essayèrent sans succès de les en empêcher par de nomltreuses attaques ; pour faire reprendre le large à la Hotte française, Bourbon plaça une batterie sur la hauteur qui dominait la plage d'Arenc. 11 s'avança ensuite de plus en plus et, au bout de quatre jours, se jugea sufhsamment près de la ville pour la battre en brèche. Le 23, ses canons tirèrent du côté oii se trouvait le couvent de l'Observance et la muraille fut entamée dans la journée môme sur une étendue de trente pieds à sa partie supérieure et de six seulement à sa base. Les Impériaux n'attaquèrent point, et ils eurent tort; dès le lendemain, grâce aux travaux exécutés dans la nuit du 23 au 24, la brèche se trouvait fermée par des tonneaux remplis de terre, des fascines, des pierres et des poutres ; un second rempart avait même été élevé en arrière. — Bourbon etPescaire, supposant

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