‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 198 sur 366 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

leurs canons d'un trop petit calibre ou pas assez puissants à cette distance s'approchèrent ; ils devaient, de plus, ménager leurs munitions qui n'étaient pas abondantes. Ils cessèrent donc presque de tirer et s'avancèrent par des tranchées obliques dans l'intention de saper les murailles et de les renverser par la mine. Bourbon envoya en même temps Beaurain devant la tour de Toulon où étaient des pièces d'un plus fort calibre et un grand amas de poudre et de boulets ; Beaurain par terre et Hugues de Montcade par mer devaient assiéger la forteresse que ne pouvait défendre la flotte française, chargée de protéger Marseille à l'ouest et de maintenir libre l'accès du port.

Les Marseillais comprirent vite le nouveau danger qui les menaçait et y firent face. L'église de Saint- Gannat et l'évèché qui touchaient à la partie des murailles vers où marchaient les Impériaux et qui étaient susceptibles de leur servir d'abri furent détruits, ainsi que les faubourgs et quelques maisons. Les remparts une fois déblayés de la sorte, Benzo da Ceri fit pratiquer au dedans comme au dehors des tranchées longitudinales très profondes et des contre-mines. Tout le monde y travailla, môme les femmes qui se croyaient menacées des derniers outrages par les soldats de l'ancien connétable ; les tranchées furent achevées en trois jours et s'appelèrent tranchées des dames ^ Kenzo da Ceri les défendit par de hautes levées de terre formant de larges parapets percés de meurtrières où il plaça les meilleurs tireurs. Ces défenses s'étendaient du couvent de l'Observance et de la tour Sainte-Paule jusqu'à la porte d'Aix ; et, tout en les exécutant, les assiégés faisaient de nombreuses sorties. La ville était gardée sur tous ses points, et, la nuit, elle était éclairée par des torches ou des lanternes allumées sur les fenêtres des maisons afin de prévenir les surprises possibles. Bour-

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