C'est aujourd'hui le boulevard des Dames
bon ne se décourageait pas, mais autour de lui on commençait à murmurer, et d'autant plus qu'il avait annoncé à ses soldats qu'ils étaient sûrs, sous ses ordres, d'entrer dans Marseille; Pescaire qui se jugeait le premier homme de guerre de son temps ne voyait d'ailleurs pas sans plaisir l'insuccès de son collègue. Le 10 septembre, vingt-deux jours après l'ouverture du siège, un boulet de canon lancé de la tour de Tllorloge venant de tuer tout près de lui un prêtre qui disait la messe et deux gentilshommes, Pescaire répondit à Bourbon qui était venu demander ce qui se passait : <( Sans doute, ce sont les consuls de Marseille qui vous apportent les clefs de laville^ » Il persista néanmoins, ne pouvant admettre de subir un écbec. Russel venait d'apporter 100.000 ducats de la partde Henri VIIl pour la solde de l'armée et il avait été rejoint par une partie des troupes laissées en Piémont; enfin le 2 septembre, en s'emparant de la tour de Toulon, Beaurain et Hugues de Montcade y avaient capturé neuf pièces d'artillerie dont trois assez fortes. Afin de l'encourager, l'empereur lui annonçait par le comte de Montfort la venue prochaine de l'armée de Catalogne, et Henri VHI, par Gregorio Gasale, l'assurance que les troupes anglaises étaient prêtes à descendre en Picardie". Il comptait formellement sur ces deux promesses et surtout sur celle de l'empereur vers lequel deux jours auparavant il avait envoyé le capitaine Loquingham pour le conjurer de hâter la marche du corps auxiliaire. Dans sa lettre du 15, il écrivait à Charles-Quint : « Vostre affaire n'en peut que bien aller, et serons suffîsans pour donner la bataille au Roy de France. Si nous la gaignons, ce que j'espère, Dieu aydant, vous vous en allez le plus grand homme qui oncques fut, et pourrez donner la loi à toute la chrestienté. » A Henri YIIl, lorsqu'il