‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 200 sur 366 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

avait touché l'argent apporté par Russel, il avait également écrit : « Monsieur, je vous supplye très liymblement faire avancer vostre armée par deçà et je mettray peyne de ce côsté de vous aller veoir en tirant de Lyon à Paris ' . » Il croyait absolument — et pourquoi n'y auraitil pas cru puisqu'on l'en assurait? — à la diversion que devait exécuter l'armée anglaise; son erreur véritable était de continuer à compter sur la prise de Marseille. Il l'annonçait à Wolsey comme probable dans une dizaine de jours; dans quinze, une t'ois rejoint par les troupes de Catalogne, il devait « aller trouver le roy François qui est par deçà le Rhosne avecques son armée- ». Il espérait même que Marseille se rendrait d'elle-même, au point qu'il proposa une conférence à Renzo da Ceri et à Chabot de Brion afin de leur persuader que, toute résistance étant inutile, ils feraient mieux d'accepter de suite une capitulation avantageuse, tandis qu'il en était temps encore. Les deux capitaines la refusèrent en répondant qu'ils n'entendaient traiter qu'à coup de canons et d'arquebuses'. — Ils n'étaient cependant pas sans inquiétude, n'ayant aucune nouvelle du roi ; ils décidèrent d'envoyer vers lui deux d'entre eux pour l'informer de leur résistance, lui apprendre la reddition de Toulon et que l'artillerie de cette place transportée au camp impérial allait servira battre Marseille. Les deux hommes embarqués dans le port prirent terre avant l'embouchure du Rhône et trouvèrent François I"'" à Caderousse, un peu au-dessus d'Avignon.

L'armée réunie par le roi dans la vallée du Rhône était considérable. Bien qu'il eût à se plaindre des Suisses sur plusieurs points et qu'eux, de leur côté,

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