Paul Jove, Vila Pescarrii : — Gaillard, p. 101 ; — etc
250 LE CONNÉTABLE DE r.OURBON
fois OÙ il rentrait dans son pays, après quelques succès faciles et sans importance, il subissait ainsi un grave échec. En dehors de son orgueil qui devait cruellement le faire souffrir, sa situation même devenait critique : devait-il continuer le siège ou marcher contre l'armée royale dont Tavant-garde se rapprochait, commandée par La Palice. N'étant plus maître de ses troupes à la suite de leur désobéissance et de cet insuccès récent dont elles n'hésitaient pas à rejeter la faute sur leur général, il ne pouvait guère persévérer dans un siège où elles se considéraient déjà comme vaincues ni les lancer telles quelles contre une armée fraîche que la résistance de Marseille enhardirait encore. Le roi d'Angleterre, l'empereur et le vice-roi de Naples n'avaient rien fait dece qu'il leur avait demandé, et ils ne paraissaient pas pressés de réaliser leurs promesses. Il était en pays ennemi sans forces suffisantes pour s'y maintenir seul, à la tète d'une armée mécontente dont Pescaire entretenait adroitement la malveillance. — Il se résolut donc à tenirconseil avec ses chefs de troupesqui furent d'avis de lever le siège immédiatement et de ne pas marcher contre le roi de France ; Bourbon insista vainement pour livrer bataille et rétablir ainsi par une victoire l'honneur de l'armée; tous lui tinrent tête. Ils représentèrent que François I" n'était nullement forcé d'accepter le combat, qu'il préférerait au contraire gagner du temps, traîner jusqu'à l'hiver où les vivres et l'argent leur feraient défaut et alors les détruire; ils tirent observer queles soldatsqui n'étaient pas entièrement payés ne consentiraient ni à se battre ni à rester, et commençaient déjà à donner des signes graves d'indiscipline; ils concluaient qu'il fallait évacuer au plus vite la Provence et rentrer en Italie. — Bourbon dut se décider à la retraite; mais il en fit les préparatifs avec lenteur, comme si quelque événement heureux devait bientôt survenir. Des amas de boulets qu'il était impossible d'emporter furent jetés dans