‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 23 sur 366 · Guichardin · texte numérisé non relu

Guichardin

« Combien qu'audit voyage et durant iceluy, le dit sieur duc de Bourbon ait fait de grands frais et dépenses, voire pour plus de 60 ou 80.000 livres, néanmoins ledit roy oncques ne lui en donna un écu davantage ny en croissance de pension, ny en bienfait, ny autrement; et si ne luy en dit grand mercy du service qu'il lui avoit fait pour ce jour de bataille qui étoit le plus grand que prince sauroit faire à son roy. Jl peut bien être qu'il le faisoit à bonne cause, et c'est de peur de mettre en gloire ce jeune prince. Et aussi, à la vérité, mon dit sieur le duc ne demanda oncq. ne fit demander au dit roy une seule récompense pour luy donner à connoitre qu'il ne le servoit pas pour son argent ou bienfait, mais seulement pour l'amour qu'il avoit à luy et à la couronne de France. » Ceci montre encore quelle était la situation exacte entre le roi et Charles de Bourbon, le premier forcé de se servir du second et l'appréciant d'ailleurs, mais en regrettant à la fois sa force et sa valeur môme, inquiet pourtant sans rien découvrir dans la conduite de son serviteur qui put justifier ses craintes, le second fort bien disposé envers le roi, mais surpris déjà peut-être de cette méfiance dont il se sentait vaguement entouré. En tout cas, îi nouveau, on est forcé de constater qu'il fait son devoir de gentilhomme français et que rien n'est à reprendre dans sa conduite ; au contraire, on pourrait peut-être reprocher au roi, tout en la comprenant, sa méfiance, ou, du moins, de la laisser trop apparaître.

Maintenant qu'il était entré en possession de ses villes, le pape désirait se débarrasser de ceux qui l'avaient aidé à les recouvrir et surtout des Français

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