‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 221 sur 366 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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daient les retranchements occidentaux et le cours du Tessin ; le maréchal de Montmorency demeurait dans nie du sud; le duc d'Alcnçon occupait Mirabelle et son parc. Le roi fit de son camp un vrai camp retranché fort dangereux pour l'assiégeant, car il empêchait ainsi Pavie d'être secourue. Chose singulière, par cette tactique habile, François T' avait, à ce moment, chance de jusliUer sa présomption et une bataille eût été livrée de suite qu'il l'eût gagnée. Mais les Impériaux comprirent trop ce qu'il en était pour se risquer. Après avoir franchi rOlona dont ils s'étaient couverts d'abord, une fois approchés à un demi-mille environ de l'armée française, ils campèrent derrière un terrain qui les protégeait de l'artillerie des bastions. Les deux camps se trouvaient alors si près que, d'un côté et de l'autre, on entendait le cri des sentinelles ^ et que les coulevriniers espagnols et français échangeaient souvent des coups de feu des points les plus élevés'. Les deux armées restèrent cependant trois semaines face à face sans en venir au mains de façon sérieuse ■, « sans que les Impériaux pussent secourir Pavie ainsi qu'ils en avaient le dessein et sans que les Français l'obligeassent à se rendre comme ils en avaient l'espérance et s'y attendaient à chaque instant'^ ».

Bourbon, Lannoy et Pescaire devaient être particulièrement gênés. Après avoir promis la bataille à leurs

1. Lettre de Lannoy à de Praët, iO février 1523 {Captivité, etc., p. 62).

2. Lettre de François à la Régente, 3 février io2û [Captivité, etc., p. -39).

3. « San Croce était entre leurs mains et ils pouvaient en ce cas se saisir de la Chartreuse que le roi de France avait abandonnée ; mais craignant qu'on ne coupât les vivres aux troupes que l'on y porterait, il ne jugea pas à propos de s'en assurer. LesFrançais étaient maîtres à San Lazzaro où ils n'osèrent rester à cause du canon des ennemis. 11 y avait entre les deux camps un ruisseau nommé la Vernacula dont la source est dans le parc, et qui, passant au milieu de San Lazzaro et de San Pietro se jette dans le Tessin. Les Impériaux faisaient tous leurs efforts pour traverser le ruisseau dont l'ennemi disputait le passage avec beaucoup de valeur ; la profondeur de l'eau, jointe à la hauteur des bords, favorisait les Français. » (Guichardin, liv. XV, ch. v.)

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