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troupes, il fallait la leur donner et cependant, bien qu'elle fut là, si proche, il ne fallait pas encore la prendre. Situation qui ressemblait à celle de l'autre lieutenant de l'empereur enfermé dans Pavie et partagé entre deux craintes, celle d'une désertion et celle d'une rébellion. « Il fallait que l'armée impériale secourut promptement la place pour l'empêcher de succomber et battît l'armée française pour la secourir. Si elle différait de combattre, elle était réduite à se dissoudre. Elle avait épuisé ses vivres et ne pouvait plus rester sous les armes. C'était par un prodige d'habileté et encore plus d'ascendant que Pescaire avait obtenu des Espagnols, Frundsberg des lansquenets qu'ils tinssent campagne sans recevoir leur solde jusqu'à ce qu'on eût joint et vaincu l'ennemi. Il était urgent pour eux d'en arriver là. Les Impériaux s'y préparèrent de longue main et préludèrent à la grande bataille par une suite d'attaques hardies et d'entreprises heureuses^. » Ils firent pénétrer par l'ouest des secours dans Pavie, dégarnie quelque peu à la suite du mouvement de François I". Averti par Antonio de Leyva que la poudre surtout lui manquait, Lannoylui envoya, portant chacun un sac de poudre, 40 cavaliers qui furent assez heureux pour tourner le parc, traverser les bois et pénétrer dans la place. Cette petite entreprise eut une grande importance, car elle permit à Leyva de multiplier ses sorties. L'une d'elles fut fructueuse, sur les Grisons, auxquels il prit un butin considérable, tandis qu'ils quittaient le camp du roi. — Les choses, en etfet, allaient commencer à tourner mal pour François I".
Le châtelain de Musso qui assistait au siège, en tenant partie pour Charles-Quint et Sforza, eut l'idée fort habile de faire déserter les Grisons en s'emparant par stratagème de la forteresse de Chiavenna, clef