‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 223 sur 366 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

de la vallée sur le lac de Gôme. Les chefs de la Ligue Grise, effrayés et voyant ainsi leurs montagnes ouvertes, avaient fait annoncer la nouvelle à leurs compatriotes en les suppliant de revenir au plus vite ; et ils n'avaient pas hésité à le faire malgré les engagements contractés et la solde d'avance qu'ils avaient en poche déjà. François P"^ apprit bientôt également qu'un corps de troupes qui descendait les Alpes pour se rendre à son camp avait été surpris par les Impériaux enfermés dans Alexandrie, battu et détruit'. Enfin, Jean de Médicis voulant prendre une revanche sur Antonio de Leyva qui, dans une de ses sorties, avait tué un assez grand nombre de ses soldats des Bandes-Noires, avait attiré la garnison dans une embuscade où il reçut un coup d'arquebuse qui lui brisa le talon et le contraignit à quitter le camp'-. Tous ces événements étaient d'autant plus désavantageux pour les Français que les Impériaux ne leur avaient pas laissé un jour de répit. Pescaire, ayant forcé une nuit un des bastions, y avait tué pas mal de monde, et, après avoir encloué les plus gros canons et jeté dans un fossé en les mettant hors d'usage les autres, s'était retiré en fort bon ortire 3. Ces escarmouches cependant, ne payaient pas l'armée ni ne délivraient Pavie ; et son héroïque défenseur faisait savoir qu'il se trouvait hors d'état de résister davantage. La nécessité de livrer combat devenait de plus en plus impérieuse. Lannoy, qui ne voulait pas y consentir, parlait de traiter avec le roi de France. Dans ses lettres à Charles-Quint il représentait que le duché de Milan serait perdu s'il y avait lutte, et le royaume de Naples envahi; d'autre part, il avouait

Page 1