‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 226 sur 366 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Mes enfants, la fortune nous a placé dans une telle extrémité que, sur la terre d'Italie, vous n'avez pour vous que ce qui est à vos pieds; tout le reste vous est contraire. La puissance entière de l'empereur ne parviendrait pas à vous donner demain dans la matinée un seul morceau de pain. Nous ne savons oii en prendre sinon dans le camp français qui est sous vos yeux. Là, tout abonde, le pain, le vin, la viande. Ainsi, mes enfants, si vous tenez à manger demain, marchons au camp des Français. « Les soldats espagnols exprimèrent leurs sentiments par leurs acclamations. Pescaire leur promit la victoire s'ils ne se débandaient pas pour piller et faire des prisonniers jusqu'à ce qu'ils fussent entièrement maîtres du champ de bataille. « Alors, continua-t-il, tout sera à vous^. » Brantôme^ dit que l'honneur de la victoire doit revenir à Pescaire, <( car ce fut luy qui anima et encouragea bravement ses soldats et mesmes les Espaignols, à ce jour bien faire, qui le premier rom|)it la muraille du parc, qui plaça l'armée, qui conseilla et qui premier chargea... >> Brantôme insinue même au sujet de Bourbon une chose assez vilaine, mais qui parait fort peu vraisemblable, étant donné ce que l'on sait de son caractère par ce qui précède : « Et, disent les Espaignols qu'il ne fit comme M. de Bourl)on, lequel, con ashicia muy segura, avait baillé sa troupe à mener à Pompérant, son amy fort privé, et luy en habit d'un cavalier privé combattit-^. » Si près de sa vengeance et risquant de la perdre dans une journée fort chaude que les Impériaux redoutaient de voir tourner à leur désavantage, Bourbon aurait-il tout à coup craint de mourir et voulu tenter le nécessaire pour risquer le moins possible d'être tué, puis s'enfuir au moment opportun? Pour ma part, je crois difficilement à cette anecdote. Brantôme dit la

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