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<lroict au gros bataillon impérial qui venoit chercher le roy; mais estant pea de nombre, comme j'ay dit, furent enveloppés de deux gros bataillons d'Allemans, ■et en bien combattant furent détfaicts : Si les Suisses •eussent faict le semblable, la victoire estoit douteuse. Et moururent audit combat Monsieur de Lorraine et le duc de SutTolc, et leurs soldats n'en eurent pas moins 1. » L'aile droite de l'armée française, après avoir déjà commis la faute de paralyser son artillerie % succombait maintenant sous le choc des Impériaux; bientôt le centre éprouvait un sort pareil-^Les arquebusiers espagnols, agissant en véritables tirailleurs^, allant et venant, y avaient fait déjà de grands ravages, d'autant plus faciles pu'il n'y avait qu'à tuer le cheval pour que son cavalier, sous sa pesante armure, fut presque perdu ou du moins contraint de se •rendre. Les hommes d'armes ne sachant comment faire ■et ne pouvant plus avancer reculèrent sur les Suisses qui ne parvinrent pas, ainsi refoulés, à conserver leurs rangs; les arquebusiers espagnols, d'autre part, voyant qu'on leur cédait le terrain, continuèrent d'avancer et
1. Pescaire dit après la bataille, que, sans cette faute suprême, les troupes impériales n'auraient pu avancer. Certains historiens en rendent responsables François 1", qui aurait crié alors en montrant les Impériaux , «Les voilà qui fuient, chargeons l'ennemi !»
2. D'après ce qui ressort de tous les récits de la bataille, en effet, du Bellay se serait trop hâté de faire partir les Suisses; ils ne se seraient -enfuis qu'au second choc.
3. « Les célèbres bataillons helvétiques ne soutinrent pas la renommée de bravoure et de solidité qu'ils avaient laissée entamée à Marignan, ■qu'ils avaient compromise à la Bicocca et qu'ils perdirent à Pavie ». (Mignet, t. H, p. 54.)
4. Napoléon III, dans son livre inachevé sur le passé et l'avenir de l'artillerie i,t. IV des Œuvres complètes, éd. Pion), parle du rôle important des arquebusiers espagnols à Pavie : «Le marquis de Peschière avait entremêlé parmi sa cavalerie 2.000 arquebusiers divisés en pelotons de 15 à 30 hommes, parmi lesquels se trouvaient 800 mousquetaires. 'Ces troupes, protégées par quelques piquiers, portent le désordre et la mort dans le rang des escadrons. Leurs balles de deux onces traversent non seulement les armures, mais quelquefois deux hommes et deux chevaux. Pour se soustraire à l'effet des armes à feu, la cavalerie se •débande et perd ainsi sa force de cohésion. La Palice veut charger les mousquetaires ; ceux-ci se serrent en bataillons ronds et, protégés par les piques, ils repoussent toute attaque.»
bientôt achevèrent le désordre des Suisses. Pescaire et du Guast profitèrent de leur indécision et de leur surprise pour se jeter sur eux de face, tandis que les arquebusiers continuaient à les fusiller sur les flancs; et ils finirent par leur faire lâcher pied.
Tout le poids de la bataille retomba sur le roi et ses gentilshommes'. François l"'" tenait toujours ferme dans la mêlée et croyait encore à la victoire quand il vit le flottement des Suisses, puis leur débandade. « Mon Dieu! qu'est-ce ~ ? » s'écria-t-il. Il marcha vers les Suisses qui s'enfuyaient pour les arrêter et les ramener au combat; Jean de Diesback et Fleuranges qui les commandaient les suppliaient déjà de tenir bon. François P"', désespéré, rallia aussitôt tous ceux de ses hommes d'armes qui résistaient encore et se lança sur la cavalerie ennemie et les arquebusiers-^, préférant être tué ou pris que de s'enfuir. La mêlée devint très confuse. Pescaire y reçut trois blessures et continua d'avancer. Antonio de Leyva, sorti de Pavie avec ses 5.000 hommes de pieds, ses 300 lances et ses chevau-légers, s'avança à travers les rangs français qu'il avait désorganisés, ayant culbuté le corps chargé de le contenir. On combatta-it sur tous les points sans ordre et sans merci. La noblesse française fut admirable et ne recula pas, refusant le quartier que souvent on lui offrait, tenant là ou
1. Du Bellay, éd. déjà cité, p.*406 : «Le roy, ainsy que j"ay prédit, ayant detl'aict la première troupe qu'il avoit trouvée, estant ses lansquenets deflaicts el ses Suisses retirés, tout le fait de la bataille tomba sur luy ; de sorte qu'enfin son cheval luy fut tué entre les jambes et luy blessé en une jambe. »
2. Ranke, Histoire d'Allemagne, t. YI. — Lettera del Mco Paulo Luzascho.
3. Varillas prétend que ces arquebusiers si adroits étaient presque tous basques ; « Les soldats, presque tous basques, se fiant à la souplesse de leurs corps et à l'agilité de leurs pies et formés par une longue expérience à l'exercice qu'ils alloient commencer, se mêlèrent en partie dans leurs trois corps de cavalerie, et l'autre partie s'étendant, par de petits pelotons de 7 à 8 personnes seulement par tout ce camp, fit sa décharge sur le corps de bataille du roi qui, étant extraordinairement serré, ne laissoit passer en vain aucune balle.» (T. II, p. 24.)