LIVRE m
roi lui rendit son salut et ils causèrent; du Guast fit alors écarter un peu les soldats qui les entouraient et François I"" lui demanda de n'être pas conduit à Pavie où la population ne manquerait pas de se mal tenir à son égard à la suite du long siège qu'elle venait de supporter. « Le marquis le voulut et le mena en son camp où il commanda qu'il fust pansé de ses plaies fort curieusement qu'il avoit reçues l'une au visage vers le sourcil, l'autre dans le bras et la troisième en la main droicte. Nos François qui en ont escript ne disent point toutes ces particularitez, tant ils sont fats. Il se trouva aussy avoir receu quelques harquebuzades dans sa cuirasse; mais il avoit pendue au col une croix d'or en forme d'un très riche joyau ; au dedans y avoit enchâssé du bois de la vraie Croix qui en retint les coups qui furent veus visiblement pour ceux qui estoient présens; ce qui fut trouvé pour un très grand miracle entre les gens de bien et de dévotion ^ ». Une fois pansé, François P' alla faire sa prière dans la chapelle de la Grande-Chartreuse, puis il partit souper, et Bourbon <( luy donna la serviette- ». Brantôme raconte que les Français de son temps prétendent qu'il la refusa, mais que les Espagnols affirment le contraire, « car ilz disent que le roi prit la serviette très bien et beau de luy et qu'il ne luy monstra jamais aucun semblant mauvais de haine ni de passion contre luy. Aussi M. de Bourbon s'y monstra très sage et nullement perdu en sa victoire ni gloire ; car il se mit à genoux pour baiser les mains du roi-\ monslrant par là qu'il avoit honte de