Brantôme, éd. déjà citée, t. III, p
3. « Cet homme (François I"), étourdi en bataille, fut en captivité plus fin qu'on n'aurait cru. Il ne s'était rendu qu'à Lannoy, homme de l'Empereur. Cela le servit fort. Il caressa aussi Pescaire. Celui-ci, parfait courtisan autant (ju'habile capitaine, se présenta en deuil. François I", soit sensibilité, soit flatterie pour les Italiens, qui devinrent en effet l'épine de Charles-Quint, traita Pescaire en roi futur de l'Italie et se jeta dans ses bras. — Sa parfaite dissimulation parut le soir, au
sa rébellion tant espandue par toute la chrestienté. Disent ainsin les Espaignols^ » Le roi discuta ensuite de la bataille, des raisons qui la lui avaient fait perdre, mais dit que cependant il ne se reprochait rien, et cela au point qu'il donnerait encore le combat s'il était à recommencer ; il affirmait qu'il aurait été vainqueur si tous avaient fait leur devoir; il en voulait beaucoup aux Suisses. « Force autres propos si beaux et si graves de ceste bataille prononçoit-il de si bonne grâce et belle éloquence (car il disoit des mieux) que tous ceux qui estoient la présents le jugearent non seulement très digne roi, mais un très grand capitaine; ce disoient les Espaignols-. »
Quand il fut remis de ses blessures, le roi reçut Pescaire avec une grande cordialité. Et Pescaire, de son côté, aussi galant homme que bon général, s'était habillé de simple drap noir pour faire sa visite, afin de se montrer respectueux envers ce monarque qui lui faisait l'honneur d'être son vaincu. François l""" le lit asseoir près de lui et même l'embrassa en lui jurant une amitié éternelle -^ — Placé d'abord au monastère de Saint-Paul, au milieu du camp, le roi fut envoyé ensuite dans la citadelle de Pizzighelone sous la garde de 200 hommes d'armes et de 1.200 fantassins espagnols commandés par le capitaine Alarçon ^. On sait l'admirable lettre qu'il écrivit à sa mère pour lui annoncer le désastre ; cette phrase célèbre, surtout, y est parfaite : « Madame, pour vous faire savoir comment se porte le reste de mon infortune, de toutes
moment amer où il fallut recevoir le connétable de Bourbon. Celui-ci se montra modeste, présenta ses devoirs et otl'rit ses services. Le roi l'endura et lui fît bon visage. Un auteur assure même qu'il l'invita à sa table avec ses généraux. »(Michelet, Hisloive de France, t. X, chap. xii.)