‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 256 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

tendre^. Lannoy avait agi de la sorte tout seul, de sa propre autorité, sans prévenir ni Bourbon ni l'Empereur, dans l'espoir de préparer une alliance entre son maître et son prisonnier, alliance dont son ambition aurait le bénéfice; comme excuse, il avancerait au besoin qu'il avait sauvé ainsi la santé du roi, pour qui Naples, pendant les chaleurs, risquait d'être funeste. Dès le 10 juin, il fit donc voile pour l'Espagne et, entré dans le port de Palamos le 17, débarquait le 19 à Barcelone. L'empereur ne montra pas le même mécontentement que ses généraux, que Bourbon surtout qui se plaignit du procédé employé par Lannoy dans les termes les plus violents-. Il écrivit à l'Empereur qu'en agissant ainsi, le vice-roi lui « avait fait grande honte' ». Il existe deux originaux de cette lettre qui fut envoyée par deux courriers différents; l'un daté du 12 juin, et qui lui parvint, fait partie des Archives de Vienne, l'autre, portant la date du 10 juin, fut intercepté sur le courrier et fut aussitôt envoyé à Lyon par la Bégente'. La voici'' : « (Milan, juin, 1525) Monseigneur, estant icy le vice-roy de Naples, M. le marquis de Pesquiaire, M. de Bup, le marquis d'Algonasse, Antoine de Lesve et Allarçon fut conduit que ledict vice-roy devoit mener le roy de France à Naples, pour les raisons que vous a dites M. de Beux. Depuis ledict vice-roy a faict tout le contraire, et mené le roy de France devers Vostre Majesté : ce qui ay trouvé bien estrange que ledict vice-roy ne m'en a adyerty, et aussy vos bons serviteurs de par deçà. Il m'a faict grande honte, tellement qu'en ce pays il s'en parle en beaucoup de sortes qui n'est en mon honneur : que

1. Lettre de Lannoy à Henri VIII, 8 juin 132o (Mss. Cott. Vitellius, B. VU. p. 146 I. — Captivité, etc., p. 210.

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