‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 258 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Les ambassadeurs de la Régente eurent le 17 juillet audience de l'Empereur '. Ils avaient reçu l'ordre de ne consentir à aucune cession de territoire, de se borner à offrir une rançon en argent, le double mariage du roi avec Eléonore, sœur de l'Empereur, et du Dauphin avec l'infante Marie sa nièce; ils avaient pleins pouvoirs, si cela était nécessaire, comme il le paraissait bien, pour renoncer au royaume de Naples, au duché de iMilan, à la seigneurie de Gènes, au comté d'Asti, à la ville de Hédin, à celle de Tournay, à la suzeraineté de la Flandre et de l'Artois. Ils ne devaient en aucun cas ci'der le duché de Bourgogne. Au sujet du duc de Bourbon, voici ce qu'énonçait Louise de Savoie : « Touchant messire Charles de Bourbon, le Roy pour le bien de la paix, sera content le remettre en ses biens et estais, comme il estoit quand partit de France, et luv payer les levées faictcs depuis son absence, restituer les meubles qui sont en nature et des aultres estimation juste, et de lui procurer un mariage en France tel que ledit seigneur Empereur avisera, pourveu que ledict de Bourbon renouvellera ses serments de lidélité et aultres de ses offices, ainsi que la raison veut. Et quand au pays de Provence, qu'il demande, c'est par le droict que feue Madame de Bourbon y prétendoit à cause de la succession du feu roy Charles. Sur quoy y a deux responses péremptoires : l'une que ladicte conté fut donnée au Roy Louis onzième, en contemplation de la Couronne, ainsi qu'il appert par le texte d'icelle donation, pourquoi les successeurs d'icelle Couronne, et non les plus proches, doibvent succéder ;

1. Nous ne pouvons, bien entendu, tout raconter, et sommes forcés de résumer le récit, quand il ne se raiiporte pas à Bourbon.

d'aiiltre part, à radvenement diidict feu Roy Charlesà la Couronne, les trois estats de Provence envoyèrent par devers lu y ung gros nombre de bons personnaiges pour le congratuler et faire les obeyssances et recongnoissances en tel cas requises ; lesquelz le supplièrent voulloir incorporer icelle conté à la Couronne inséparablement, ce qu'il leur accordera ; et leur en furent baillées lectres en tel cas requises et nécessaires qui furent publicques et enregistrées au pais de Provence. Par ainsy, la dite dame de Bourbon ne pouvoit prétendre ladicte conté estre de la succession dudict feu Roy Charles, car il en avoit aultrement disposé en sa vie ; et exclus ses successeurs autres que ceux qui venoient à la Couronne^. » François P'" se montra plus dur que sa mère au sujet de Bourbon. Un de ses envoyés à la conférence de Tolède dit : « que le Roy son maistre ne veult rien faire pour luy car n'y est tenu. Toutefois, pour l'honneur de l'Empereur auquel le roy veult complaire à son pouvoir, il feroit beaucoup. Et en voulant respondre aux faicts de Provence, le comte de Nassau et le vis-roy de Naples et grant maistre ont dit qu'il failloit premièrement vuider l'affaire de Bourgoigne avant que entrer en autres querelles-. » De son côté, Bourbon se défendait en envoyant aux représentants de Charles-Quint, à la même conférence de Tolède, un mémoiredans lequel il énumérait ses réclamations avec celles de Jean de Bretagne, comte de Penthiôvre :

(' •''Piéparation de l'honneur de mondit seigneur de Bourbon, lequel a été foulé en France et ailleurs par injures et paroles diffamantes, cris et bannissements publics et autrement, au contraire de la vérité et semblablement pour ses amis, adhérents et serviteurs. Restitution de tous les biens, villes, châteaux et sei-

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