‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 27 sur 366 · Dans le sens de stupéfait · texte numérisé non relu

Dans le sens de stupéfait

sies '... » Les peuples de la Lombardie l'avaient réclamé, « car il y étoit aimé des amis du roy et craint de ses ennemis, au point tel que sa présence lui auroit valu 10.000 hommes '. » Il y a sans doute de l'exagération sur ce point, mais excusable de la part d'un secrétaire.

L'heure était mauvaise pour la France. Ce beau règne de Louis XII finissait tristement dans le malheur. Henri VllI, uni à Maximilien auquel il donnait cent couronnes par jour de gratification, était débarqué à Calais et nous avions été encore défaits à Guinegate, dans la journée dite des Eperons, tristement célèbre. Poursuivant leur marche victorieuse, les Anglais s'étaient emparé de Thérouanne et de Tournay; dans leur île même, ils battaient notre allié le roi d'Ecosse, Jacques IV. — Louis XII avait appelé Charles de Bourbon qui était aussitôt venu. Il sentait maintenant qu'il n'avait plus le choix de ses serviteurs et que l'intérêt du pays devait passer avant tous les autres. C'est à partir d'ici que la vie politique de Ch-arles commence. Dans ces circonstances graves, il se révèle homme de premier ordre. Ce grand caractère en effet n'atteignait toute sa valeur que là oii les autres eussent faibli ; un fond mouvementé, tragique et violent était nécessaire à sa silhouette hautaine; elle y apparaissait comme dans son naturel décor.

Les Suisses s'étaient jetés en Auvergne et avaient mis le siège devant Dijon au nombre d'environ trente mille^, sous les ordres du seigneur de Vangy. La ville était défendue par La Trémouille, gouverneur du pays pour le roi. Les Suisses, ruinant et pillant les régions d'alentour, il se résolut à une transaction et leur offrit, outre deux cent mille écus d'or, de se départir de toute prétention sur le duché de Milan et le comté d'Ast; il

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