‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 274 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

qu'il avait lui-même formé ce plan depuis bien longtemps et avec la ferme intention de ne manquerjamais à sa parole. Lannoy, cependant, ne prenant pas cette promesse pour une certitude suffisante, insista et en vint à demander à son maitre pour quelle raison il voulait donner sa sœur au duc de Bourbon qui n'avait accompli aucun des engagements auxquels il était tenu. Charles- Quint, très surpris, riposta viveuient qu'il trouvait au contraire que Bourbon avait mieux tenu sa parole que lui-même n'avait tenu la sienne envers un serviteur auquel il devait une part considérable de cette bataille de Pavie à laquelle justement Lannoy n'avait pas voulu d'abord que Ton se résolut; puis l'empereur cessa de répondre et garda le silence d'un air si mécontent que le vice-roi dut se retirera Une fois que Bourbon fut en Espagne, à quelque temps de là, Lannoy supplia l'empereur de le faire appeler afin de pouvoir s'expliquer en sa présence et d'articuler ainsi ses griefs. Charles- Quint qui avait une considération réelle pour Bourbon refusa; mais, interrogé parla suite à ce sujet, Bourbon répondit qu'il était enchanté par la persj)ective de cette entrevue et qu'il la souhaitait vivement. Elle eut donc lieu et Lannoy y prit le premier la parole en reprochant à son compagnon d'armes d'avoir écrit contre lui des lettres offensantes dans lesquelles il critiquait sa conduite par rapport au roi de France en prétendant qu'il n'aurait pas dû le conduire sans son consentement ou, au moins sans l'avertir, en Espagne, et lui faisant grief surtout de ne l'avoir secouru d'aucune façon au siège de Marseille; il accusait encore Bourbon de tenir contre lui des propos qu'il préférait ne pas répéter; enfin il le priait de l'accuser ici même, tout haut, afin que la vérité éclatât; il disait qu'elle ne pouvait lui être défavorable et, si cependant elle devait paraître telle, il acceptait à l'avance d'être puni. « Majesté^

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