‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 280 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

mencé au delà des Alpes. Pescaire qui, après avoir arrêté le chancelier Morone, assiégeait le duc Sforza dans la citadelle de Milan, n'était pas loin de sa fin, et la mort prévue de cet habile capitaine allait priver du chef le plus accrédité comme le plus résolu la petite armée avec laquelle l'Italie pouvait être contenue et la guerre entreprise. L'Empereur, dans un complet état d'isolement, loin de pouvoir envahir la France, serait obligé de se défendre dans la péninsule dont la possession lui serait de nouveau disputée et dans les Pays-Bas dont la pleine souveraineté lui échapperait. Il perdrait ainsi ce qui se trouverait gagné, et tout au moins aurait-il besoin de victoires nouvelles pour s'assurer des acquisitions qui étaient dues à ses victoires passées et qui allaient être ratifiées par un traité. Il se décida donc à accepter les avantages qui lui étaient concédés sous les conditions où ils lui étaient offerts ; mais il crut les rendre certains en rendant le traité inviolable. Prenant envers François P"" les sûretés les plus variées, il tint à l'engager comme père, comme roi, comme gentilhomme. Le père dut livrer ses deux fils aînés pour otages, le roi se lier par son serment et sa signature, le gentilhomme donner sa parole sous la foi de chevalier. François 1"' adhéra à toutes ces précautions qu'il devait rendre inutiles '. »

Ce mariage ne pouvait qu'augmenter la rancune de Bourbon contre le roi de France et, en même temps, lui faire tenir rigueur à Charles-Quint d'avoir manqué à sa parole, encore que celui-ci ait comme excuse d'y avoir été contraint. Certains historiens ont avancé qu'il avait été alors question, pour dédommager Bourbon, outre la promesse du duché de Milan, de le mariera la duchesse d'Alençon qu'il aurait aimée depuis longtemps déjà; cet amour, comme nous l'avons vu, aurait même été une des raisons de sa brouille avec la régente ;

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