‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 283 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

étiez encore ce prince fidelle, l'appiiy et le soutien des François. Avez-vous oublié que vous avez mis cette monarchie sur le penchant de sa ruine? Que vostre Roy, par vostre infidelle valeur, languit dans une dure captivité? — Oui, je le sçay, s'écria le prince; TEmpcreLir abuse de sa victoire. Il traite le Roy comme un esclave. 11 ne me traite pas moins indignement. Je puniray son ingratitude. Ma Princesse, vous pouvez tout auprès du Roy, faites ma paix avec ce Prince, peignez-moy soumis et repentant. Soyez pourtant le prix de notre réconciliation; pour ma fortune, je vous Fabandonnc. Que Madame^ possède, si elle le veut, l'héritage de mes terres. Si je vous épouse, vous me tiendrez lieu de tout. Je seray trop heureux pourveu que vous ne vous opposiez pas à mon bonheur. Je souhaite, reprit la Princesse, que le Roy accepte vostre repentir. Yousconnoitrez que mon cœur n'a point changé. Je m'estimerai heureuse de pouvoir reconnoître par une tendresse que je ne seray plus obligée de déguiser celle d'un prince généreux. » Monsieur de Bourbon se jetta à ses pieds à ces paroles flatteuses. Ils se dirent encore mille choses tendres et obligeantes.

Madame d'Alencon alla voir le roy, elle luy raconta la conversation qu'elle avoit eue avec ^I. de Bourbon. Il estoit vray que le roy avoit toujours eu un grand fonds de bonté pour ce prince. Otons-le à nos ennemis, dit-il, à M™*" d'Alencon; nous l'avons traité avec trop d'injustice. Cette action d'équité l'amènera la fortune dans notre parti. Mais ma sœur, il faut que vous contribuiez à le gagner. Je sçay qu'il vous aime et que vous ne le haïssez pas. Puis-je mieux réparer la conduite que j'ai eue à son égard qu'en luy donnant une sœur que j'aime et que je dois aimer avec tendresse. M""" d'Alencon embrassa son frère en rougissant. Ne songez plus, reprit ce prince, qu'à le rendre digne de

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