LIVRE IV
bien décidé à ne réaliser aucune clause du traité, caria veille du jour où il devait le signer (14 janvier) il fit venir dans sa chambre de Selve, Montmorency, Chabot de Brion, La Barre, l'archevêque d'Embrun et le secrétaire Gilbert Bayart et, après leur avoir fait jurer qu'ils ne révéleraient pas ce qu'il allait dire, annula le traité auquel il ne se soumettait qu'en apparence et contraint par la nécessité'. 11 justifiait sa conduite avec une impudence singulièrement naturelle, disant qu'il se dégageait de ses promesses comme roi parce qu'il les trouvait injustes et manquerait à sa parole de chevalier pour deux raisons, d'abord parce qu'elle ne lui était pas demandée avec confiance, ensuite parce qu'il ne la donnait pas en toute liberté; il aurait mieux aimé mourir, en etfet, que de l'enfreindre s'il l'avait donnée en étant libre. Ses plénipotentiaires pouvaient donc admettre sans crainte le traité qu'il venait de rompre à l'avance.
Le traité fut ratilié solennellement le 14 janvier. Un autel avait été dressé dans la chambre du roi; l'archevêque d'Embrun y avait dit la messe puis, le traité une fois lu, François l" jura sur les saints Evangiles de l'exécuter fidèlement; il signa ensuite; l'archevêque d'Embrun, le président de Selve et Chabot de Brion le signèrent à leur tour, suivis, pour l'empereur, par Lannoy, Hugues de Moncade et le secrétaire Lallemand^. Après quoi Lannoy invita le roi de France, de la part de l'Empereur, à prendre l'engagement du chevalier. François I" y consentit, mais non sans faire observer qu'il avait déjà suffisamment donné sa foi ; ayant ajouté qu'il tenait Lannoy pour gentilhomme connu et estimé, il le rendit de son côté apte à recevoir son serment puisque l'empereur lui avait conféré le pouvoir de le prendre. Et alors debout, la tète nue, sa main placée