LIVRE IV
hors diidit royaume de France; et que lesdits lieutenants et ofliciers ne pourront être inquiètes ni molestés directement ou indirectement parlesdits officiers royaux. Et quant au droit que ledit sieur deBourlton prétend en la comté de Provence et autres pièces adjacentes et dépendantes dont ledit seig'neur roi s'est offert estre à justice a accordé que voulant ledit sieur de Bourbon poursuivre le procès, on l'intentera de nouveau, qu'il le puisse faire quand bon lui semblera, et que lors les juges déterminent sommairement ladite justice selon raison et équité. Et au regard des amis, alliés et serviteurs qui ont suivi le parti dudit sieur de Bourbon, tant ecclésiastiques que séculiers, à présent vivants et des hoirs de ceux qui cependant sont allés de vie à trépas, ils seront entièrement restitués en leurs biens ainsi qu'auparavant ils possédoient, ensemble, les meubles délaissés, déclarant nulles toutes procédures, sentences, donations, incorporations et autres actes, qui contre eux ou leurs héritiers pourroient avoir été faites jusques au jour de cette paix, à cause d'avoir tenu le parti dudit sieur de Bourbon, par raison de quoi eux ni leurs héritiers ne puissent être inquiétés ni molestés et leur est baillé aussi entière absolution et abolition de tout ce qu'on vouloit prétendre contre eux jusques au dit jour : et que tout ceux qui sont prisonniers à l'occasion dessus dite, mesmement et expressémentMonsieurTévesque d'Autun et M. de Saint- Vallier, soient promptement et librement relaschés et absous, avec les mesmes restitutions et abolitions annulant quelconques sentences sur ce rendues, et procédures faites, en mettant le tout au néant, et que lesdits évesque d'Autun et sieur de Saint-Vallier et tous les autres amis, alliés, serviteurs et adhérans dudit seigneur de Bourbon, soient en leur liberté de se tenir au royaume de France ou de vivre dehors d'icelui et d'aller et venir dedans et dehors d'icelui à leur volonté sans qu'aucun puisse être contraint d'y comparoir en per-
sonne pour quelques cas que ce soient, et pour les autres actions et querelles qu'ils, ou aucun d'eux, et mesme les enfants du feu seig:neur de Penthièvre, ledit sieur de Saint-Vallier et autres desdits amis et serviteurs, prétendans outre les biens tenus et possédés avant le partementde France dudit seigneur de Bourbon, tels prétendans en pourront poursuivre leur justice par devant les juges ordinaires : et pourront ledit seigneur de Bourbon, ses dits amis, alliés, serviteurs, tant ceux qui sont à présent avec lui que ceux qu'il avoit auparavant son partement de France, si bon lui semble demeurer et continuer au service dudit seigneur Empereur, sans que, à l'occasion dudit service, on puisse molester ni inquiéter en la personne ni biens le dit seigneur de Bourbon ne ses dits amis, alliés et serviteurs. Sur toutes lesquelles choses dessus dites ledit seigneur roi très chrestien fera expédier, tant audit seigneur de Bourbon qu'à ses dits amis, alliés et serviteurs, toutes les despéches nécessaires, en bonne et sûre forme L » Bourbon crut-il un instant que ces clauses seraient exécutées? Sûrement non.
Le roi restait toujours prisonnier à l'Alcazar, soumis à une active surveillance ; de jour et de nuit, sa porte était gardée; il ne pouvait sortir du château sans être étroitement entouré; néanmoins, il allait à travers la ville en litière ou sur sa mule entendre la messe dans différentes églises; il visitait aussi les couvents où les religieuses lui offraient des collations; le peuple se pressait sur son passage et lui avait attribué le don de guérir les écrouelles, rien qu'en touchant les malades de ses mains-. — Malgré les derniers avis de Gattinara, l'Empereur ratifia lui-même le traité, le 11 février, à Tolède; le 13, il gagna Madrid et François I" se ren-
1. Mss. Dupuy, n° 484. — Collection des documents historiques, t. III, f» 172.
2. Captivité, etc., p. 4SI; lettre de La Barre, i" février, à la duchesse d"Alencon.