‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 289 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

dit au devant de lui, monté sur une mule, portant une cape et une épée à l'espagnole, ayant à sa droite Villiers de l'Isle Adam, grand maître de Rhodes, et à sa gauche le capitaine Alarçon; il alla ainsi jusqu'au pont de Tolède sur le Mançanarès. Charles-Quint y arriva de son côté, vêtu de velours noir, avec les principaux gentilshommes de sa cour et une escorte magnifique de 250 hommes d'armes en costume de guerre, dont l'armure était portée par des pages à cheval'. Ils s'avancèrent l'un vers l'autre, tenant à la main, François I", son bonnet, Charles-Quint, son chapeau-, et s'embrassèrent, comme s'ils avaient tout oublié. Ils firent assaut de politesse à qui se céderait le pas et François I"' finit par passer d'abord, mais en obtenant ensuite que l'Empereur fut à droite. C'est ainsi qu'ils entrèrent dans jMadrid. Les jours suivants, leur bonne entente parut continuer et ils se montrèrent partout ensemble. Puis François I" désira voir sa fiancée qui, dès le l*" février, avait fait son entrée à Tolède, escortée par Bourbon qui, de son côté, semblait ne pas se souvenir de sa rancune, car il était allé la chercher à un quart de lieue de la ville; dès qu'il l'avait aperçue, il lui avait fait un grand salut et la princesse avait répondu aimablement en inclinant la tête '. Le 16 février, Charles-Quint et François \" partirent à cheval de Madrid pour l'aller voir. Elle était venue de Tolède à lUescas et attendait dans une galerie avec Germaine de Foix. Après les révérences d'usage, François I" s'approcha d'Eléonore, mais celle-ci se mit à genoux et voulut prendre la main du roi pour la baiser. « Ce n'est pas la main que je vous dois, dit alors le roi en la relevant, c'est la bouche '. » Et il l'embrassa.

1. Belacion, etc., dans Collecion, etc. — Cité aussi par Gachard. Captivité de François /", appendice, p. 91 et 92. — Sandoval, t. 1, liv. XIV.

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