LIVRE IV a
devaient s unir à Magdebourg dans une sorte de confédération pour résister à ceux qui étaient demeurés fidèles à la religion romaine. Et c'est au moment où il s'apprêtait à faire rentrer dans Tordre cette partie de son Empire que Charles-Quint appris le refus formel de François P^ Triste suite à son mariage avec cette Isabelle de Portugal qu'il devait tant aimer et à ce traité avec le roi de France dans la réalisation duquel, malgré les avis de son chancelier, il avait cru ! — Lee, ambassadeur d'Henri VIII, écrivait à son maitre : « Il (Charles-Quint) est silencieux et retiré : il passe bien souvent trois ou quatre heures de suite seul et livré à ses réflexions. Il n'a depuis son mariage ni plaisir ni contentements » Tousses plans se trouvaient renversés, et protester contre le manque de parole de François P' n'eut servi à rien ; que pouvait-il également contre ses deux fils ?
François I", qui sentait d'ailleurs ses torts, tenta de justifier sa conduite dans un manifeste oij, entre autres griefs, il se plaignait vivement de ce que le duc de Bourbon, son vassal, se fût enfui et armé contre lui, conseillé dans sa rébellion par l'empereur qui l'avait arraché de ses devoirs en lui faisant les plus belles promesses. Charles-Quint y répondit aussitôt et d'autant plus facilement qu'il n'avait pas tort : « A ceux qui se plaignent si gravement du duc de Bourbon, disait-il, et de l'empereur pour l'avoir détourné par ses promesses et fait soulever contre son roi. on répondra que cela est absolument contraire à la vérité, car par quelle promesse aurait-elle pu être induite à trahison l'âme de ce prince, si vraiment digne du sang royal auquel il appartient ? Qui a causé sa révolte, sinon cette main qui l'y a forcé en lui déniant toute justice pour des droits qu'il devait croire si légitimes ? Sinon cette soif et cette cupidité manifeste de s'em-