‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 296 sur 366 · LIVRE lY · texte numérisé non relu

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projeté et qui n'avait pas eu lieu à cause du roi, le duc prétendant que ce comté était sien, etc., etc., il avait voulu lui venir en aide à ce sujet '. » Mais toutes ces paroles, nécessaires peut-être comme réponse, ne changeaient rien à la situation.

La Sainte-Ligue n'avait pas perdu de temps. Le Pape et les Vénitiens avaient assemblé leurs troupes sous la conduite de Guido Raugone, de Jean de Médicis et du duc d'Urbin, général de la seigneurie de Venise qui devait être bientôt choisi comme généralissime. Les deux armées réunies s'élevaient à peu près à 20.000 hommes de pied, 2.000 gens d'armes et plus de 2.000 chevau-légers. Le pape se montrait très entreprenant contre son habitude et conseillait d'attaquer l'ennemi avant qu'il ne lut en état de se détendre. Dans uq bref fier et sec, il signifia la conclusion de la Ligue à l'empereur pendant que, de leur côté, les ambassadeurs de France lui notifiaient le traité de Cognac en le sommant de rendre les enfants de François 1"' et de conclure la paix. Charles- Quint, qui se voyait joué, régla son attitude sur celle de ses ennemis, ne doutant pas un instant que la Ligue ne fût dirigée contre lui; il refusa d'en faire partie et congédia violemment tous ses ambassadeurs. Il renouvela ses griefs contre François P'" et lui ordonna de se reconstituer prisonnier immédiatement. Envers le pape, à cause du besoin qu'il en avait et dans l'espoir de le détacher de la Ligue, il tenta une sorte d'arrangement auquel il mêla Francesco Sforza assiégé depuis plusieurs mois dans son château de Milan. Il fit promettre à ce dernier par Hugues de Moncade qu'il lui rendrait son duché s'il consenlait à une justification de pure forme devant les arbitres nommés par l'empereur ; il lui faisait déclarer en

1. Sandoval, t. 1. — Sandoval a dû copier la réponse de Charles- Quint dans les archives de Simancas.

même temps qu'il n'usait d'un pareil moyen que pour sauver les apparences et se dégager de sa parole envers le duc de Bourbon auquel seraient payés d'avance 4.000 ducats par mois sur ce duché de Milan ^ Bourbon en fût-il informé ? Car, cette fois, la mesure était comble : l'empereur manquait encore envers lui à sa parole. Sans doute, il dut savoir ce qui se tramait et il comprit définitivement qu'on essayait de l'écarter; le nouveau chef qu'il s'était choisi se trouvait pire que son roi naturel et sans qu'il put lui découvrir les excuses qui, pendant si longtemps d'abord, l'avaient empêché d'agir; il ne pouvait plus compter que sur lui-même. Et il attendit les événements.

Moncade avait également l'ordre d'apprendre au pape que le roi de France, si l'empereur consentait à accepter une rançon de 200.000 écus pour le rachat de ses enfants, était disposé à observer les autres clauses du traité de Madrid, c'est-à-dire à lui abandonner toute l'Italie. Au cas où Clément Vil n'aurait pu être séparé de la ligue, Moncade avait mission de s'entendre avec tous ses ennemis, le duc de Ferrare comme les Golonna, afin de l'arracher à la ligue par violence. — Son premier voyage fut pour Milan et échoua; il ne put décider Sforza à quitter la citadelle et à la remettre au protonotaire Caracciolo, agent désigné par l'empereur afin de juger son procès quant à la forme; Sforza répondit purement et simplement qu'il ne pouvait ni ne voulait se séparer de ses alliés-. A Bome, ce fut le même

1. Lanz, t. I, p. 213-216: — Lettre de Charles-Quint à Hugues de Moncade, H juin 1.j21).

2. C'était dautant plus prudent que Charles-Ouint n'aurait «ans doute pas tenu sa promesse. « il sentit, dit Guichardin (liv. XVI, cliap. \), tout l'artifice et la duplicité des Impériaux, car la promesse de maintenir Francesco Sforza dans le Milanais n'ôtait pas à l'empereur le pouvoir de lui faire son procès connue à son vassal et de confisquer son fief pour crime de trahison : et. en ce cas. Bouibon qui devait prendre sa place si Sforza était ninrt. s'en serait emparé, parce que, outre la moi-t naturelle, les lois en reconnaissent une autre appelée mort civile, et que l'on est censé être dans ce dernier cas lorsqu'on a

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