LIVRE IV
insuccès; il se retira en compagnie des antres ambassadeurs en menaçant le pape de la colère impériale. Ils purent constater les uns et les autres que Clément VII paraissait haïr sérieusement Sa Majesté Catholique et que les peuples de la Péninsule lui étaient très hostiles en général; ils conseillèrent à Charles-Quint d'envoyer Bourbon au plus vite dans le Milanais et Lannoy à Naples afm de remettre sur le pied nécessaire une armée insuffisante, sans solde et mal commandée. Ils négociaient en attendant avec le duc de Ferrare auquel ils avaient promis la possession de Modène, en échange d'une somme assez considérable, ainsi que la confirmation de Reggio et de Rubiera dont ils s'étaient emparés ; ils avaient écrit à l'archiduc Ferdinand pour le prier de lever au plus vite en Allemagne des lansquenets et de les diriger vers Tltalie. Ils se rendirent ensuite dans le royaume de Naples où ils devaient s'entendre avec les Colonna'.
Les confédérés, avant môme d'avoir reçu tous leurs contingents, s'étaient mis en marche vers le Milanais. Un corps d'armée vénitien, grâce aux intelligences qu'il avait dans la ville, pénétra dans Lodi et, à Plaisance, opéra sa jonction avec les troupes papales. Les troupes impériales de Milan se trouvaient alors assez mal placées; commandées depuis six mois par le marquis du Guast et Antoine de Leyva qui avaient remplacé Pescaire, elles poursuivaient le siège du château abondamment pourvu de vivres, de munitions et de défenseurs. La ville même soutYrait de cette résistance en supportant la mauvaise humeur d'une soldatesque sans discipline; et, à la fin, ses habitants, exaspérés, fermèrent leurs boutiques trois jours de suite et prirent les armes. Les Espagnols, entre deux feux,
été condamné pour crime de lèse-majesté. » Guichardin écrit ceci au sujet d'événements antérieurs, mais ces lignes conviennent admirablement au cas présent.