Archivio storico Italiano^ t. III, p
(lurent battre en retraite et établir des retrancbements à San-Silvestro. Pendant deux mois la ville tint bon, commandée par un courageux citoyen, Pietro de Pusterla ; le marquis du Guast et Antoine de Leyva n'y rentrèrent que le 17 juin. — Le duc d'Urbin, généralissime de la ligue, aurait dû marcher aussitôt sur Milan, mais il attendit jusqu'au ISO, à Marignan, les Suisses qui n'y arrivaient pas; il ne se mit en marche que le 3 juillet et campa le 5 à 3 milles du château. Or, le même jour, après une admirable suite de marches forcées, une armée arrivait, commandée par le duc de Bourbon ^
Nommé par Charles-Quint capitaine général de l'armée de l'empire en Italie, il était parti assez secrètement de Barcelone le 24 juin^, avec six navires chargés de 800 soldats. Bravant la flotte des confédérés qui, faute d'être réunie et bien dirigée, ne put lui barrer le passage, il était entré sans obstacle dans Gènes dont l'abord n'avait pas été défendu. Après y avoir tiré des banquiers 100.000 ducats en paiement des lettres de change reçues en Espagne de Charles-Quint, il s'était dirigé sans perdre une minute vers Milan et y était entré le 5 juillet au soir. Dès le 6, il prit le commandement de l'armée et lui distribua une partie de sa solde. Il voulait vaincre et était résolu à toutes les audaces. 8 à 9.000 hommes. Espagnols et Allemands mélangés, étaient sous ses ordres, lorsque l'armée des confédérés, forte d'environ 20.000 hommes et 3.000 chevaux, parut devant les faubourgs de Milan, du côté du sud-est, entre la porte Romaine et la porte Tosa. Les faubourgs étaient à peine fortifiés; des remparts assez bas avec des fossés peu profonds en défendaient l'approche, et, les faubourgs une fois pris, la ville ne pouvait plus
1. Lettre de Bourbon à Charles-Quint, Milan, 9 juillet (Archives de Vienne, citées par Mignet). — Guichardin, liv. XVill, chap. i et ii : « Mais le duc de Bourbon... ranima les Impériaux par sa présence. »
'2. C'est la date la plus indiquée et la plus probable.