LIVRE IV
gulièrement supérieur pour quelle se manifestât avec une telle régularité.
Le désespoir des Milanais ne connut plus de bornes; plusieurs, préférant la mort à tant de maux, se précipitèrent du haut des toits dans la rue, d'autres se pendirent'. La campagne environnante, ravagée d'autre part par les confédérés, connaissait un malheur semblable. Dans le château enfin, tous commençaient à sentir que leur situation était désespérée; la disette des vivres augmentait au point que, dans la nuit du 16 au 17, la garnison renvoya plus de 300 bouches inutiles, tant soldats que femmes et enfants. « Quoique la sentinelle eut donné l'alarme au premier bruit, ils ne trouvèrent aucun obstacle à leur sortie, et, comme les lignes étaient si étroites qu'il ne fallait que mettre des piques en travers pour les passer, ils les franchirent sans peine. Il y en avait deux parallèles à la porte du château et, entre les deux, un retranchement d'environ 6 pieds de hauteur qui couvrait les troupes du côté du château et de la campagne. S'étant rendus ensuite à Marignan où campait l'armée, ils engagèrent les ofhciers généraux a tenter une seconde fois le secours du château qui fut résolu sur l'extrémité des assiégés et la faiblesse des lignes que les femmes etlesenfants avaient franchies. Le duc d'Urbin, nosant prendre sur lui seul les suites d'un refus, se rendit à cet avis d'autant plus facilement qu'il ne pouvait plus alléguer son ancien prétexte que le nombre des Suisses, qui était de plus de 5.000, avait fait cesser. Il fut donc unanimement arrêté dans le Conseil qu'on irait droit au château, que l'on se saisirait des églises de San-Gregorio et de Sant'Angelo, et que l'armée camperait sur les murs de Milan- )>.
Le duc d'Urbin partit de Marignan et se rendit, le 22 juillet, dans un endroit appelé l'Ambra, entre