LIVRE IV
entre les mains des généraux de l'emperenr qui le recevaient au nom de ce souverain ; il avait le droit d'en sortir librement avec toute la garnison et de se retirer dans la ville de Côme dont il aurait le gouvernement et les revenus auxquels en seraient joints d'autres jusqu'à la concurrence de 30.000 ducats de rente en attendant qu'on pût savoir la volonté de Charles-Quint par rapport à lui, Francesco Sf'orza, qui aurait un saufconduit pour l'aller trouver ; il serait payé aux troupes alors dans le château tout ce qui leur restait dû de leur solde jusqu'à la capitulation, ce qui formaitune somme de 20.000 ducats. Gian-Angelo Riccio et Poliziano seraient remis entre les mains du protonotaire Caraccioli pour être interrogés, à condition toutefois d'être ensuite relâchés et conduits en lieu sûr; enfin le duc de Milan rendrait la liberté à l'évêque d'Alexandrie qu'il avait enfermé dans le château de Crémone'. — Ces conditions si avantageuses furent obtenues par l'adresse de Filippo Sacco qui les négocia en compagnie de Bourbon ; il évita la reddition du château de Crémone, bien que Sforza ait consenti d'avance à s'en défaire, s'il n'était pas possible d'avoir la paix autrement; il avait remarqué en etlet que les Impériaux étaient très pressés de tout finir et il en profita-. Ceux-ci craignirent en effet, au dernier moment, un retour ofl'ensif du duc d'Urbin qui, cependant, ne s'y décidait certainement pas. Sforza étant sorti du château le lendemain, ils le conduisirent avec une grosse escorte jusqu'aux premières gardes du camp des confédérés oii il demeura tout le jour; sur le soir, il prit le chemin de Côme. Il s'était attendu à ce que les ennemis retirassent