Giiichardin, liv. XVII, chap. iv
2. « Mais ce ministre conférant avec ceux de l'empereur reconnut à leurs visages et aux caresses extraordinaires qu'ils lui firent fja'ils n'étaient pas moins pressés d'entrer dans le château de Milan que Sforce d'en sortir et. tirant avantage de ce défaut de dissimulation, proposa à son tour des articles plus modérés dans lesquels il n'était point parlé de la citadelle de Crémone. » (Varillas. t. II, p. 117.)
la garnison qu'ils avaient dans cette ville, mais ils préfondirent qu'ils ne s'étaient point engagés à cette clause et qu'ils n'avaient promis que de l'y laisser demeurer en sûreté. Le duc, ne voulant plus se fier à eux, prit le parti d'aller à Lodi, quoique d'abord il eût résolu de ne rien faire qui put aigrir encore la colère de l'empereur. Les confédérés ne firent aucune difficulté de le mettre en possession de cette ville, et, comme les Impériaux n'avaient exécuté des conditions du traité qu'il venait de conclure avec eux que celle qui lui permettait de se retirer vie et bagages saufs, il ratifia publiquement la Ligue que le Pape et les Vénitiens avaient conclue en son nom'.
Cette reddition du château de Milan changea tout à fait la face de la guerre. Le duc d'Urbin, qui finissait par se rendre compte sans doute de sa maladresse, déclara qu'il ne voulait plus garder le commandement suprême et désirait redevenir simplement ce qu'il était avant qu'il y fût élevé; il fallut toute l'influence du pape pour qu'il consentit à ne pas abandonner son poste. Le plan fut alors d'attendre les renforts suisses levés pour le roi de F'rance et de bloquer Milan dès leur arrivée; le duc disait pouvoir réduire la ville par la famine en trois mois au plus; le siège immédiat lui en paraissait inutile et dangereux. On s'elîorça vainement de le faire changer d'avis en lui représentant que le blocus ne serait possible que si les Impériaux ne recevaient aucun secours d'Allemagne; il répliqua qu'il connaissait la vivacité du duc de Bourbon et qu'il était sûr de le voir se risquer un peu au hasard ; il restait donc résolu à ne pas bouger jusqu'à cette occasion prévue qui lui fournirait la victoire-.
En attendant, vers le commencement d'août, il se porta contre Crémone avec ses troupes vénitiennes. —
■1. Guichardin, liv. XVFl, chap. m.