LIVRE IV
Pendant ce siège des événomenls importants se passèrent à Rome.
Hugues de Moncade, à la suite de son échec auprès de Clément VII qu'il n'avait pu détacher de François P*", s'était rendu dans le royaume de Naples afin de s'entendre avec les Colonna. Ceux-ci, qui s'étaient retirés de Rome pour se soustraire à l'inimitié du Pape, avaient pris les armes dans le sud de l'état pontifical où se trouvaient presque toutes leurs possessions. Ils s'étaient ensuite emparés d'Anagni et inquiétaient jusque dans Rome le pape qui était obligé d'y tenir une petite armée toujours prête; très occupé, d'autre part, ailleurs, il accueillit avec plaisir ce qui lui parut devoir être un gage de paix. L'entente se conclut dans la Ville Eternelle, le 22 août, négociée par Vespasiano Colonna dans lequel le Souverain Pontife avait une grande confiance; toutes les injures furent oubliées de part et d'autre. Le pape désarma, licencia ses troupes, resta sans aucune défense, et ne comprit pas qu'il était joué. Un mois après, les Colonna réunirent leurs forces et, à la tête d'une petite armée, arrivèrent la nuit du 20 septembre sous les murailles de Rome; ils s'emparèrent de la porte Saint-Jean de Latran et pénétrèrent dans la ville. Le pape, abandonnant le palais pontifical, aussitôt pillé, se retira dans le château Saint-Ange. — Une nouvelle trêve fut alors conclue entre le pape et l'empereur qui devait durer quatre mois et n'être rompue que deux mois après avoir élé dénoncée. L'Etat ecclésiastique, le duché de Milan, le royaume de Naples, les républiques de Gênes, de Florence et de Sienne, le duché de Ferrare, tous les vassaux immédiats ou médiats du Saint-Siège y étaient compris. Le pape consentait à retirer les troupes qui entouraient Milan, les galères qui surveillaient Gênes, et à pardonner aux Colonna ; ceux-ci, de leur côté, faisaient évacuer Rome et l'Etat ecclésiastique à leurs gens. — Hugues de Moncade était ainsi arrivé à ses
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fins, désarmant le pape et affaiblissant la ligue francoitalienne. Il engageait Cliarles-Quinl à montrer toutefois du mécontentement, afin de retirer ainsi plus de bénéfice d'une violence dont il ne pourrait encourir le blâme. « Il me parait que Votre Majesté doit témoigner un grand ressentiment de ce qui est arrivé en cette rencontre à Sa Sainteté, ainsi que du sac du palais pontifical. Elle doit largement satisfaire à ce sujet le nonce par ses paroles et le pape par ses lettres, de manière que Sa Sainteté reçoive quelque contentement dans sa peine, ainsi que le collège des cardinaux. Il serait bon également que Votre Majesté donnât quelque excuse aux princes chrétiens de ce qui est arrivé ici, et assurât que cela était contraire à son intention et à sa volonté, faisant éclater ses sentiments de telle façon que tout le montle les connaisse'. » — L'empereur venait de répondre avec vivacité au dernier bref pontifical en représentant le manque de reconnaissance qu'il y avait de la part de Clément VII à venir l'altaquer, lui qui l'avait fait élire. Lorsqu'il sut le pillage du palais, il marqua tout son mécontentement, jura que jamais, s'il avait été à même de l'empêcher, pareille chose ne se fût passée et qu'elle lui pesait sur l'âme; la faute n'en revenait-elle pas d'ailleurs au pape qui avait voulu lui faire la guerre? Il y avait là, dans ces circonstances douloureuses, le doigt de Dieu.
Le pape qui était beaucoup moins disposé à l'y reconnaître et n'aimait à remarquer son intervention que si elle lui était favorable, se promit bien de n'observer aucun des engagements auxquels il avait été contraint de souscrire. Il sauva les apparences en retirant une partie de ses troupes de Lombardie et en rappelant les galères qui bloquaient Gènes, mais laissa Jean de Médicis avec 4.000 hommes à l'armée de la Ligue,
I. Lettre de Rome, 2i septembre 1526; — Arcb. de Vienne, citée par Mitçnet.