LIVRE IV
paya 13.C00 ducats par mois aux Suisses des confédédérés, entretint 2.000 fantassins dans Plaisance, outre les hommes d'armes et les chevau-lé^ers, et fit venir dans Rome les 5.000 hommes qu'il avait retirés de Lombardie. 11 avait envoyé en môme temps vers le roi de France Guillaume du Bellay, seigneurde Langey, qui, à peine arrivé auprès de François I" qu'il avait trouvé sur les bords de la Loire, était revenu assurer le pape de son appui'. Aussitôt Clément Vil condamna en plein consistoire les Colonna^. Leurs terres furent confisquées; le cardinal Pompeïo fut déclaré rayé du Sacré Collège. Une petite armée se forma bientôt qui descendit vers le sud des Etats de l'Eglise contenir cette terrible maison des Colonnaqui, de son côté, recommençait à lever des troupes dans le royaume de Naples. — Dans l'intervalle, Crémone s'était rendue; et le duc d'Urbin, à la tête de son armée victorieuse qui comprenait 24.000 hommes de pied et plus dé 3.000 hommes de cavalerie, était venu attaquer Milan où la garnison impériale se trouvait décimée par les maladies^. La situation de Bourbon y devenait fort difficile; il s'en rendait compte, comprenant la tactique des confédérés, « lesquels se confient en mon petit nombre et au grand nombre de malades que nous avons ^ ». 11 n'avait d'espoir que dans un prompt secours et écrivait sans cesse à Charles-Quint pour en presser l'arrivée ; il écrivait en même temps à Frundsberg pour qu'il amenât au plus vite les lansquenets levés en Allemagne. L'empereur avait pu lui faire parvenir 200.000 ducats; mais, dans cette ville épuisée, ils ne lui étaient pas d'un grand secours.
1. Néf/ocialtons de la France et de la Toscane, t. Il, p. 842.
2. Lettre du 1 novembre lo26 adressée au maréchal de Montmorency (mss. Béthune, voL VIH, 309, f" 93).
3. « Depuis ung mois, il y a bien eu troys mil hommes des vostres malades. » (Lettre de Charles de Bourbon à l'empereur, 21 août 1326, — Arch. de Vienne, citées par Mignet.)