Cité par Mignet, p
392 LE COiNAÉTABLE DE BOURBON
tout à fait : « Vous adviserez de bien entretenir le duc de Ferrare en nostre service comme sçaurez faire par vostre grande prudence selon que le temps le requerra... c'est l'un des secours qui vous peult ayder en ceste guerre; l'autre secours sera de l'armée que mayne nostre vice-roy de Naples ; le troisième secours est de l'argent que j'appareille pour vous envoyer, et le quatrième est celuy d'Allemagne, pour lequel j'escris à nostre frère l'archiduc^ »
La flotte impériale, composée de nombreux navires de transport pour la plupart et montée par plus de 9.000 soldats, mit à la voile à Carthagène le 24 octobre 1526 et se dirigea vers Naples. Après avoir livré bataille avec André Doria, qu'elle rencontra entre la Corse et les côtes d'Italie, elle échappa à la destruction qui la menaçait grâce à une tempête qui sépara les combattants et alla relâcher en Toscane au port de San Stefano. Elle en partit au plus vite, poursuivie par le terrible Génois qui y arriva dès le lendemain de son départ, et gagna en toute hâte le port de Gaëte oii l'armée commandée par Lannoy débarqua le 1"'' décembre 1526'-. — De Milan, Bourbon continuait à écrire pour presser la venue deFrundsbcrg : « Quand ce secours arrivera, disait-il avec une hauteur orgueilleuse, j'espère, avec l'aide de Dieu, ôter à vos ennemis la fantaisie de faire la guerre à Votre Majesté et vous acquérir telles victoires que ce sera perpétuel établissement pour vos Estats'^ » L'empereur avait déjà fait remettre 50.000 ducats à Frundsberg par la voie de Flandre, afin qu'il opérât au plus vite la levée promise. Bourbon, de son côté, en avaitajouté 36.000 qu'il lui avait fait parvenir par les Alpes du Tyrol : « Messire George, écrit encore Bourbon à Charles-Quint, me faict entendre que, pour recouvrer ledit secours, il faut que j'envoye