‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 315 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Guast engagèrent leurs chaînes d'or et la plupart de leurs bijoux. « De cette manière, écrit Bourbon à Tempereur, nous avons trouvé 20.000 écus avec lesquels nous avons eu le supplément pour les deux payes'. » Du Bellay dit que Bourbon fit argent de tout ce qui se trouvait dans les églises et mit à la torture les plus ricbes bourgeois de la ville pour leur faire avouer s'ils cachaient leur argent -. « Pour à quoi obéir et contenter les soldats, ledit de Bourbon feit prendre de nuict les principaux et les plus riches de la ville, lesquels, avec astrapades et autres inventions de tourments, il contraignit de bailler argent, de sorte qu'il paya ses gens de guerre pour deux mois. » Bourbon n'agit d'ailleurs ainsi que contraint parles circonstances. « Il sévit forcé dans cette extrémité de commettre des actes de violence qui répugnaient à son caractère, naturellement doux et humain '. » Les soldats, paraît-il, bien que pas mal d'argent leur restât encore dû, furent subjugués par son charme et l'adresse avec laquelle il savait se les acquérir*. — 11 faut parler ici du rôle curieux de Morone, ce vieillard resté si jeune. « Tel était l'esprit et l'adresse de cet homme et l'ascendant extraordinaire qu'il avait sur tous ceux qui l'approchaient, qu'en peu de jours, de prisonnier qu'il était, il devint le plus intime confident de Bourbon qui le consulta sur toutes les affaires importantes. Ce furent certainement ses insinuations qui firent naître dans l'esprit du conaétable le soupçon que l'empereur n'avait jamais eu le dessein de lui donner l'investiture du duché de Milan et que Lève et les autres généraux espagnols étaient moins des adjoints destinés à le seconder de bonne foi dans l'exécution de ses projets que des espions apostés pour surveiller sa conduite. Comme il

1. Lettre du 8 février (Arch. de Vienne, citées par Mignet, p. 264).

Page 1