Ripamond, Ilisl. mediol., p
conservait à l'age de quatre-vingts ans tonte l'andacede sa jeunesse, on peut encore lui attribuer l'idée du projet hardi et inattendu que Bourbon osa tenter quelques temps après*. » Guichardin écrit qu'il « trouva bientôt le moyen par son esprit de devenir le conseil du duc de Bourbon et même de le gouverner presque absolument' ». Je ne sais s'il eut une influence aussi considérable, mais il est possible et même très probable, en tous cas, qu'il sut exploiter les rancunes que Bourbon avait le droit d'avoir contre l'empereur pour l'en détacher. Une nature déjà blessée si souvent par les hommes et qui sentait l'injustice avec tant de violence n'avait pas oublié la suite d'afl"ronts infligés par Charles-Ouint, manquant à ses promesses successives. Ces blessures-là, jointes à celles qu'il avait reçues en France et à la tristesse de voir échouer sa fortune, malgré tout le courage déployé, achevaient son désespoir. Sans doute avait-il, plus d'une fois, songé à ne plus servir des rois qui montraient autant d'ingratitude et s'était-il décidé à travailler pour son propre compte dans cette mêlée à la fois héroïque et matérielle qui constituait, à son époque, la bataille pour la vie. Morone vint à point nommé lui enlever ses dernières hésitations; il le fortifia dans des vues encore vagues, les précisa et, par l'entente habile où il parut être de ses intérêts, gagna sa confiance. Il n'y a pas de donnée sûre pour prouver que Bourbon, au milieu de la complication des faits, forma réellement le projet de se créer une position indépendante en reconstituant à son profit le royaume des Deux-Siciles, mais cela est bien dans la logique des événements et c'est ce qui a permis sans doute à beaucoup d'historiens, Henri Martin entre autres, de l'avancer •''. Il aurait pu de la sorte jouer un rôle important entre le pape, François I" et