LIVRE IV
réclamaient plus de 100.000 éciis. Il fallait fournir au plus vite à l'armée ce qui lui était dû, sans quoi elle se trouverait exposée à mourir de faim : <( Nous autres, disait-il, ne pouvons plus faire autre chose que mettre notre vie à votre service'. » Et il avança.
L'avant-garde fut confiée au prince d'Orange avec le •commandement des chevau-légers et des hommes •d'armes. Le choix était d'autant plus habile que Philibert de Chalon, lui aussi, en voulait à François I" au point que cette fois il était parti de son plein chef, comme simple volontaire, au lieu d'obtenir de Charles- Quint, ainsi qu'il l'aurait pu, quelque charge importante. « Il avait rejoint Bourbon en Italie par une che- ■vauchée rapide et folle à travers la Franche-Comté, l'Alsace, la Forêt-Noire, le \Yurtemberg, la Bavière et le Tyrol; il était entré en Italie du coté de Vérone...'. » Le marquis del Vasto conduisait l'infanterie espagnole, George Frundsberg les lansquenets, et Fernand de Gonyague, qui devint plus tard un des meilleurs généraux ■de l'empire, un corps de soldats italiens. Bourbon marcha vers les Etats pontificaux sans être sérieusement inquiété. Le duc dUrbin, toujours aussi timide, ne s'approcha pas, satisfait de sa surveillance neutre; le marquis de Saluées se contenta de gagner tour à tour les villes menacées, préservant Plaisance et Bologne; c'est ainsi qu'il se porta à Casai Maggiore dès que Bourbon parvint à San Giovanni entre Bologne et Ferrare. Le 8 février, il y eut une escarmouche devant Plaisance, au cours de laquelle trente impériaux restèrent entre les mains de l'ennemi. Philibert de Chalon faillit lui-même être prisonnier; son cheval s'étant abattu sous lui, il perdit son panache dans la mêlée et n'échappa qu'à grand'peine^. Bourbon resta campé à
1. « Xoi altri non possemo far altro, se no mettcre la vila per li soi ;servitu. » (Lettre du 8 février loâl.)