‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 322 sur 366 · Guichardin, liv. XVIII, chap. i · texte numérisé non relu

Guichardin, liv. XVIII, chap. i

conclure à Rome, se rendit en toute hâte au camp impérial pour le signifier au duc de Bourbon et faire rétrograder ses troupes '. » Le moment était mal choisi. Bourbon avait eu de plus en plus de peine à maintenir son armée. Chaque jour elle réclamait avec plus de violence l'argent qui lui était dû; le 17 février, elle avait été même jusqu'à tuer le sergent-major qui avait été envoyé pour l'engager au silence -. 11 fallut tout l'ascendant de Bourbon pour lui faire comprendre que son intérêt était le môme que le sien propre et qu'elle perdrait toute chance de succès en continuant à se révolter. « Ses soldats, dit Brantôme, ne faisoient que crier qu'ils n'avoient pas un sou ; et qu'il leur en fit donner; il les harangua tous, et leur remontra ses nécessités et qu'il mourroit en la peine ou qu'il les feroit tous riches et qu'ils temporisassent un peu, ne les voulant frauder nullement de leurs peines et services; et en cas qu'il ne leur dit de cœur il leur donna tous à despartir toute la vaisselle d'argent de sa maison, et si peu de bagues et joyaux meubles et habillements qu'il avoit en ses coffres ; si bien qu'il ne se réserva rien pour soi que l'habillement qu'il portoit sur luy et une casaque d'argent qu'il portoit sur ses armes ; car il la vouloit belle. Ce qui contenta si bien ses soldats qu'ils jurèrent tous de ne l'abandonner en quelque part qu'il voulust aller, fust à tous les diables, aussy en la chanson que j'ay dict ci-devant Caila, calla, il y a un verset qui dit :

Decia les : mis senores Yo soy pobre caballero, Y tanibien como vosotros, No tengo un dinero.

Et puis les harangua de la façon que j'ay dict cy devant, et descouvrit son secret, et le tout en espai-

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