LIVRE IV
les Etats de Florence; le 17, il avait reçu les lettres de Lannoy à San Pietro d'où il lui fit répondre qu'il l'attendrait le 18 à Santa Maria in Bagno'. Il avait pris Meldola, saccagée ensuite par ses troupes, puis Galeata et Santa Sofia. Là encore, la vie lui avait été dure. Il campait avec ses soldats au milieu des neiges amoncelées ; il touchait aux cîmes les plus élevées des montagnes; certains étaient morts de froid ou de l'aim. — C'est à ce moment là que s'avancèrent vers lui le viceroi de Naples, le maître d'hôtel de Clément VII et les envoyés florentins. Mais ils ne trouvèrent pas Bourbon au rendez-vous qu'il leur avait donné en continuant de les assurer, ainsi que Guichardin, de l'ardent désir qu'il éprouvait de maintenir la paix. Guichardin n'était d'ailleurs nullement dupe ; « Alarmé de la diligence du connétable et jugeant qu'il était de la dernière importance que les Impériaux n'entrassent pas en Toscane avant le secours des alliés, il persuada au marquis de Saluées de se mettre en marche... Le marquis partit donc le 18 et se rendit à Berghizella avec le lieutenant et toutes leurs troupes. Ce dernier écrivit au pape qu'il avait trouvé tant de bonne volonté dans le marquis de Saluées qu'il comptait le faire passer en Toscane et qu'il était même assuré que les Vénitiens suivraient son exemple ; mais que, plus on mettait par là Florence à couvert, plus Rome serait exposée, parce que le duc de Bourbon, n'ayant plus que cette ressource, serait obligé de se tourner de ce côté-là; ajoutant qu'il ne croyait pas que les troupes qu'on ferait partir pour cette ville, dont le duc était plus près qu'elles, pussent faire autant de diligence que les siennes qui devaient passer l'Appennin en deux jours ^. » Saluées, passant l'Apenin, arriva le 22 avril au bourg de San Lorenzo dans le Mugello.