‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 333 sur 366 · Martin du Bellay · texte numérisé non relu

Martin du Bellay

3. Cette révolution devait reprendre par la suite et réussir, mais il est curieux de remarquer une fois de plus en cette circonstance comme les insurrections viennent souvent de l'ignorance populaire qui attribue à des actes dont elle ne peut comprenâre ni la raison ni Tubjet, les motifs les plus propres à servir ses passions personnelles.

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ser de sa bonté, agir en tout avec fourberie, ne méditer autre chose que l'oppression de tout le monde, ce qui est rendu manifeste par leur marche en avant, de sorte qu'il ne reste pas d'autre espérance que dans les armes, a résolu do renouer l'alliance avec les princes confédérés'. » Il réclamait d'eux une forte assistance d'argent afin de pouvoir reprendre les hostilités d'une façon suivie ; pendant la guerre n'avait-il pas déjà déboursé plus de 120.000 ducats par mois? Il demandait, en outre, que le roi de France entrât en Espagne afin d'opérer cette diversion promise en vain depuis près dun an; la somme que devaient lui foui'uir chaque mois le roi très chrétien et hi seigneurie de Venise montait à 30.000 ducats; le roi d'Angleterre en verserait 15.000 etajouteraità ce don d'argent 3.500 bommes de pied; enfin, on viendrait de suite le défendre contre l'armée bourbonnienne. — Ce qui tendrait à faire croire que Bourbon agissait de concert avec l'Empereur, c'est que le pape, de son cùté, en échange de ce qu'il demandait, promettait d'excommunier Charles-Quint, et aurait-il osé le faire, si celui-ci eut désavoué Bourbon? Le pape devait de plus délier ses sujets du serment de tidélité et le déclarer déchu de son droit sur Naples. Mais, en même temps qu'il expédiait Lorenzo Toscano en France et John Russell en Angleterre^, il avait l'imprévoyance de ne prendre aucune précaution pour se défendre par luimême afin de pouvoir attendre les secours qui, même en faisant diligence, devaient tarder. Bourbon, au contraire, se pressait de son mieux. Voyant que la prise de Florence était impossible, il n'avait pas hésité à se porter en avant.

Quittant sa position de San Giovanni, il sortit du val d'Arno, prit à gauche par le val d'Ambra, se diri-

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